Biométhane : un levier souverain au potentiel sous-exploité en Europe?

Politiques énergétiques
06/01/2026
11 min
En Europe, les gisements de biométhane identifiés pourraient atteindre 101 BCM d’ici 2040 et jusqu’à 151 BCM en 2050, selon les dernières données de l’Association européenne du biogaz (EBA).

Dans le débat énergétique européen, le biométhane reste souvent relégué derrière l’électricité et l’hydrogène. Pourtant, selon l’European Biogas Association (EBA), il constitue déjà un pilier industriel opérationnel ancré dans les territoires, capable de renforcer à la fois la souveraineté énergétique, la décarbonation et la compétitivité agricole du continent dans un contexte de tensions géopolitiques et de transition climatique accrues.

Par Laura Icart

Alors que l’Union européenne cherche à réduire sa dépendance aux importations de gaz fossile, les gaz renouvelables issus de la méthanisation affichent des volumes désormais significatifs. En 2024, la production combinée de biogaz et de biométhane a atteint 232 TWh, soit 6,6 % de la consommation européenne de gaz. Un niveau qui place le biométhane non plus comme une technologie d’appoint, mais comme une filière industrielle à part entière. Au-delà de l’énergie, le biométhane s’inscrit pleinement dans l’économie circulaire. L’EBA estime que les 25 millions de tonnes de digestat produites en 2024 pourraient déjà remplacer 17 % des engrais azotés, 25 % des engrais phosphorés et 7 % des engrais potassiques utilisés en Europe. Un enjeu stratégique à l’heure où la dépendance aux engrais importés reste forte. Autre levier émergent : la valorisation du CO₂ biogénique issu de l’épuration du biométhane. En 2024, 70 installations européennes capturaient déjà 0,6 million de tonnes de CO₂, un volume appelé à dépasser 2 millions de tonnes d’ici 2027, selon les projections de l’association.

Une réponse industrielle aux chocs géopolitiques

La montée en puissance du biométhane s’inscrit dans un contexte politique précis : la fragilisation durable de l’approvisionnement gazier européen depuis 2022. Pour la Commission européenne, les technologies énergétiques « net zéro » sont désormais un enjeu de sécurité, appelées à tripler d’ici 2030, pour un marché annuel estimé à 600 milliards d’euros. Dans ce paysage, le biométhane présente « un avantage...

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