« Bien gérés, les biodéchets constituent une véritable ressource »

Publié le 08/08/2021

13 min

Publié le 08/08/2021

Temps de lecture : 13 min 13 min

D’ici trois ans, la gestion séparée des biodéchets qui représentent un tiers de nos ordures ménagères sera généralisée. Les collectivités expérimentent déjà diverses solutions : compostage, lombricompostage, méthanisation, tri mécano-biologique… Anne Tremier, directrice de recherche à l’Institut national de recherche sur l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), directrice de l’unité de recherche Opaale, qui travaille sur la caractérisation et la valorisation des matières organiques depuis leurs vocations alimentaires jusqu’à leurs valorisations énergétiques et agronomiques, nous explique les enjeux et les premiers résultats du projet européen « Decisive »  dont elle assure la coordination et pourquoi la micro-méthanisation apparaît comme un levier intéressant pour les milieux urbains denses confrontés à un double enjeu : une quantité importante de biodéchets produits et une valorisation de proximité intégrée à une économie circulaire.

Propos recueillis par Laura Icart

 

La population urbaine produit d’importantes quantités de déchets, en plus d’être une grande consommatrice d’énergie. Pourquoi la micro-méthanisation peut-elle être une voie de valorisation des biodéchets pertinente pour réduire la pollution urbaine à une échelle plus décentralisée ?

Aujourd’hui, plus de la moitié de la population mondiale vit dans les villes [68 % de la population mondiale devrait être urbaine en 2050 selon la Banque mondiale, NDLR] et génère une quantité très importante de déchets. Des villes qui sont également très énergivores puisqu’elles représenteraient entre 60 et 80 % de la consommation énergétique mondiale et contribueraient pour plus de 70 % aux émissions de carbone. Or en Europe, selon les pays, de 14 à 47 % de ces déchets sont biodégradables. Une part qui peut même s’élever à plus de 60 % dans les pays en voie de développement. Les biodéchets constituent pourtant, quand cela est bien géré, une véritable ressource qui peut être valorisée énergétiquement et agronomiquement. En France, environ 10 % de nos déchets ménagers et assimilés [en tonnage total] est composté et environ 32 % de la part de biodéchets collectés. Si la France se situe dans la fourchette moyenne européenne en ce qui concerne le recyclage des déchets, c’est principalement le développement du tri à la source des biodéchets qui fait défaut. Les solutions de tri mécano-biologique (TRM) n’ayant…

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