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EN BREF...
08/11/2026
7 min

À l’approche de la COP31, l’ONU alerte sur un déficit annuel de près de 275 milliards de dollars pour financer l’adaptation climatique des pays en développement. En Charente-Maritime, une nouvelle unité de méthanisation agricole de 7,7 millions d’euros entre en service. Sur le front du numérique, l’Europe risque de creuser son retard face aux États-Unis et à la Chine dans la course aux centres de données. Enfin, les capacités mondiales de raffinage renouvelable pourraient tripler d’ici 2030, portées par l’essor des carburants alternatifs et la recomposition du secteur énergétique.

Par Gaz d’aujourd’hui, avec AFP

Adaptation climatique : l’ONU alerte sur un déficit de financement de près de 275 milliards de dollars par an

À quelques jours de l’ouverture de la COP31 en Turquie, les Nations unies tirent la sonnette d’alarme sur le sous-financement chronique de l’adaptation au changement climatique, devenu un enjeu économique majeur pour les pays en développement. Selon le rapport 2026 du Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue), ces économies auront besoin de 305 milliards de dollars par an d’ici 2035 pour renforcer leur résilience face à la multiplication des sécheresses, inondations et autres événements climatiques extrêmes, soit près de 10 fois les financements internationaux actuellement mobilisés. En 2024, les flux consacrés à l’adaptation ont péniblement atteint entre 28,2 et 31,7 milliards de dollars, loin des engagements pris lors de la COP26 de Glasgow. Un décalage qui souligne les limites du modèle actuel de financement climatique, alors que les investissements nécessaires dans les infrastructures de protection, l’agriculture résiliente et l’aménagement des territoires ne cessent de croître. Malgré l’objectif international de tripler les financements d’ici 2035, le Pnue estime que cette progression ne couvrirait, une fois l’inflation prise en compte, que 20 à 29 % des besoins réels. La question de la structure des financements devient également centrale : largement distribuées sous forme de prêts, les aides risquent d’accentuer l’endettement de pays déjà fragilisés par les conséquences économiques du dérèglement climatique. Parallèlement, le fonds international destiné aux pertes et préjudices fait face à une demande de 2,8 milliards de dollars, pour une enveloppe initiale limitée à 342 millions. Pour l’ONU, l’enjeu dépasse désormais les seuls engagements diplomatiques : il s’agit de réorienter massivement les capitaux publics et privés vers la prévention des risques climatiques, afin d’éviter que le coût croissant de l’inaction ne se transforme en crise économique et financière durable pour les économies les plus vulnérables.

Charente-Maritime : une nouvelle unité de méthanisation agricole inaugurée à Romegoux

Une nouvelle installation de production de gaz renouvelable vient de voir le jour à Romegoux, en Charente-Maritime. Inaugurée mercredi 4 novembre, l’unité de méthanisation Méthabruant a été développée par l’agriculteur Emmanuel Parenteau, à la tête de l’EARL du Bruant, en partenariat avec Tenea Énergies. Représentant un investissement de 7,7 millions d’euros, le site doit produire chaque année 10,8 gigawattheures (GWh) de biométhane, directement injectés dans le réseau de gaz dans le cadre d’un contrat d’achat avec Engie. Pour fonctionner, l’installation valorisera environ 11 000 tonnes de matières agricoles par an, principalement des effluents d’élevage bovin, des cultures intermédiaires, du maïs, de l’herbe ensilée et des résidus céréaliers. L’objectif est de transformer ces ressources issues de l’activité agricole en énergie tout en apportant un revenu complémentaire à l’exploitation. Le projet a bénéficié d’un soutien de 750 000 euros de la région Nouvelle-Aquitaine, complété par 379 000 euros de financement participatif collectés sur la plateforme Enerfip et un financement bancaire assuré par Arkéa. Deuxième unité de méthanisation mise en service par Tenea Énergies, Méthabruant s’inscrit dans le développement de la production locale de gaz renouvelable et la diversification économique des exploitations agricoles. L’entreprise prévoit de disposer de plus d’une dizaine d’unités de méthanisation raccordées au réseau gazier d’ici fin 2027.

Data centers : l’Europe risque le décrochage face aux investissements massifs des États-Unis et de la Chine

La course mondiale aux infrastructures d’intelligence artificielle accentue le retard de l’Europe face aux deux géants technologiques. Selon les projections publiées mardi 3 novembre par la fédération allemande du numérique Bitkom, la capacité des centres de données européens devrait atteindre 37 gigawatts (GW) à l’horizon 2035, contre 160 GW aux États-Unis et 90 GW en Chine. Un déséquilibre qui illustre l’ampleur du défi industriel et stratégique pour le Vieux Continent, alors que les besoins en puissance de calcul explosent sous l’effet de l’IA générative et du calcul haute performance. Première puissance européenne dans ce secteur, l’Allemagne devrait porter ses capacités de 3,3 à 5,5 GW d’ici 2030, soutenue par des investissements records de 23,5 milliards d’euros en 2026, en hausse de 57 %. Les annonces se multiplient, à l’image des 16 milliards d’euros prévus par Amazon en Allemagne en 2027 ou des 2 milliards engagés par le français Data4 à Hanau. Mais cette dynamique se heurte à plusieurs obstacles structurels : coût de l’électricité, saturation des réseaux, disponibilité du foncier et lenteur des autorisations administratives. La consommation électrique des centres de données allemands pourrait ainsi presque tripler d’ici 2035, atteignant jusqu’à 70 milliards de kilowattheures. Pour Bitkom, l’enjeu dépasse désormais la seule construction de nouvelles infrastructures : il s’agit de créer les conditions économiques d’une véritable souveraineté numérique européenne, capable d’attirer les capitaux, de sécuriser les capacités de calcul et de réduire la dépendance technologique envers les acteurs américains et chinois.

Carburants alternatifs : les capacités mondiales de raffinage renouvelable devraient tripler d’ici 2030

Selon une étude du cabinet GlobalData publiée le 2 novembre, les capacités mondiales de production des raffineries renouvelables devraient quasiment tripler d’ici 2030, passant de 11,7 milliards de gallons par an en 2025 à 35,4 milliards, sous l’effet de la multiplication des projets industriels et d’une demande croissante pour les alternatives aux produits pétroliers. Une dynamique stratégique pour les groupes énergétiques, alors que le secteur des transports représente encore 46 % de la consommation mondiale de produits pétroliers, et jusqu’à 55 % en intégrant les soutages internationaux. À court terme, le diesel renouvelable et les carburants durables d’aviation (SAF) concentrent les perspectives de croissance les plus immédiates, grâce à leur compatibilité avec les infrastructures et les motorisations existantes. À plus longue échéance, l’hydrogène bas carbone, l’ammoniac, le méthanol et les carburants de synthèse devraient jouer un rôle croissant dans la décarbonation des secteurs difficiles à électrifier, notamment l’aviation et le transport maritime. Pour les compagnies pétrolières et gazières, cette évolution ouvre de nouveaux relais de croissance, depuis la reconversion des raffineries traditionnelles jusqu’au développement de chaînes d’approvisionnement intégrées, associant collecte de matières premières, certification, logistique et commercialisation. Mais elle redessine également les équilibres concurrentiels du secteur : selon GlobalData, la création de valeur ne reposera plus uniquement sur les volumes de production, mais sur la capacité des industriels à maîtriser l’ensemble de la chaîne commerciale des carburants bas carbone. Une mutation qui pourrait profondément recomposer le modèle économique du raffinage mondial au cours de la prochaine décennie.

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