Elengy envisage de multiplier par six ses capacités de chargement à Fos Cavaou

INFRASTRUCTURE
04/11/2026
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L’opérateur de terminaux méthaniers Elengy lance une consultation du marché pour préparer l’extension de ses infrastructures à Fos Cavaou, près de Marseille. Avec une capacité qui pourrait passer de 50 à 300 chargements de micro-méthaniers par an, le projet vise à accompagner le développement du GNL maritime et, à terme, des carburants renouvelables. Les décisions d’investissement dépendront toutefois des engagements commerciaux des futurs utilisateurs.

Par Gaz d’aujourd’hui 

Elengy prépare l’avenir de ses infrastructures gazières en Méditerranée. L’opérateur a annoncé, mardi 3 novembre, le lancement d’un appel à manifestation d’intérêt (AMI) pour évaluer les besoins des acteurs du transport maritime en matière de chargement de micro-méthaniers sur son terminal de Fos Cavaou, situé dans le grand port maritime de Marseille. Cette consultation, ouverte jusqu’au 29 janvier 2027, doit permettre à l’entreprise de définir une nouvelle offre commerciale à compter de 2029 et d’évaluer l’opportunité d’investissements industriels destinés à accompagner le développement du gaz naturel liquéfié (GNL), du bioGNL et, à plus long terme, de l’e-GNL, un carburant de synthèse.

Une capacité de chargement potentiellement multipliée par six

L’enjeu est d’abord industriel. Depuis 2021, Elengy propose un service de chargement de micro-méthaniers à partir de ses installations de Fos, où plus de 140 opérations ont déjà été réalisées. Le terminal de Fos Cavaou dispose aujourd’hui d’une capacité commercialisable d’environ 50 opérations annuelles, effectuées depuis un appontement également utilisé pour le déchargement de méthaniers de grande taille. Les études conduites par l’entreprise font toutefois apparaître un potentiel de développement pouvant atteindre 300 opérations par an, soit six fois la capacité actuelle, en fonction de l’évolution de la demande et des aménagements retenus.

Trois scénarios sont à l’étude. Le premier consiste à conserver les installations existantes et leur capacité actuelle. Le deuxième prévoit une adaptation de l’appontement afin d’élargir la gamme de navires accueillis, à un horizon proche de 2029. Enfin, l’option la plus ambitieuse repose sur la construction d’une seconde jetée, qui permettrait d’augmenter significativement les capacités tout en apportant davantage de souplesse dans la programmation des opérations. Cette dernière hypothèse nécessiterait des engagements commerciaux de longue durée et des volumes suffisants pour justifier l’investissement. Elengy estime sa réalisation possible dans un délai de trois à cinq ans, compte tenu des études techniques, des procédures d’autorisation et des travaux.

Le bioGNL et l’e-GNL au cœur des perspectives industrielles

Au-delà de l’augmentation des capacités portuaires, cette réflexion s’inscrit dans l’évolution des besoins énergétiques du transport maritime. Elengy souhaite anticiper la demande de carburants alternatifs et adapter progressivement ses infrastructures à de nouveaux usages. « La réduction des émissions du transport maritime passe dès aujourd’hui par le GNL, et demain par le bioGNL et l’e-GNL. Fos Cavaou a les atouts pour être un point d’appui en Méditerranée », souligne Alice Vieillefosse, directrice stratégie, développement et commercialisation d’Elengy. L’entreprise entend notamment mesurer la place que pourraient occuper le bioGNL et l’e-GNL dans les futurs approvisionnements maritimes. Ces carburants présentent des perspectives de réduction des émissions de gaz à effet de serre, sous réserve notamment de leurs conditions de production. Le GNL fossile reste, quant à lui, soumis aux enjeux des émissions de méthane sur l’ensemble de sa chaîne de valeur. Le développement de ces nouvelles filières suppose des infrastructures adaptées, mais également une demande industrielle suffisamment importante pour assurer leur viabilité économique.

Des investissements conditionnés à la demande du marché

Avec cet appel à manifestation d’intérêt, Elengy privilégie une démarche de concertation commerciale avant toute décision d’investissement. L’opérateur souhaite recueillir les prévisions des armateurs, fournisseurs de carburants marins, négociants et affréteurs concernant les volumes à charger, les caractéristiques des navires, la fréquence des opérations et la durée des engagements envisageables. « Avec cet AMI, nous construisons notre offre avec le marché : les engagements des acteurs éclaireront les futures décisions d’investissement », précise Alice Vieillefosse. La consultation, non engageante à ce stade, pourrait déboucher sur une nouvelle phase de commercialisation assortie de souscriptions fermes. Elengy prévoit de communiquer au marché les suites envisagées concernant les capacités existantes au cours du premier semestre 2027. Les éventuels investissements d’extension feront l’objet d’annonces ultérieures, après les études et arbitrages nécessaires.

Fos Cavaou, un actif stratégique pour l’industrie gazière

Mis en service en 2010, le terminal méthanier de Fos Cavaou dispose d’une capacité d’émission de 10 milliards de mètres cubes de gaz par an. En 2025, il a réalisé 130 opérations navires et près de 6 700 chargements de camions-citernes. Le site s’inscrit dans le portefeuille industriel d’Elengy, qui exploite trois terminaux méthaniers en France, sur les façades atlantique et méditerranéenne. L’entreprise développe également des activités autour du bioGNL, de l’hydrogène et des technologies de captage, d’utilisation et de stockage du carbone (CCUS). Pour la filiale d’Engie, l’enjeu consiste désormais à valoriser les infrastructures existantes tout en préparant leur adaptation à l’évolution des marchés énergétiques. La perspective d’une seconde jetée à Fos Cavaou illustre cette stratégie de développement progressif, dans laquelle les décisions industrielles restent étroitement liées aux perspectives commerciales.

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