Hydrogène : pour la filière française, « ça passe ou ça casse »

POLITIQUE INDUSTRIELLE
27/10/2026
14 min
. Réunis à l’initiative de France Hydrogène et de H24, les acteurs de la filière ont échangé sur le rôle de l’hydrogène dans la décarbonation des transports, notamment du fret routier et des corridors maritimes.

À l’Assemblée nationale, industriels, investisseurs et parlementaires ont appelé le 22 octobre à transformer les ambitions françaises en décisions concrètes d’investissement. La France a-t-elle encore les moyens de ses ambitions industrielles ? Pour la filière hydrogène, la question n’a plus rien de théorique. Alors que des dizaines de projets industriels attendent leur feu vert, la France joue une partie décisive. Entre arbitrages budgétaires, concurrence chinoise et urgence de souveraineté énergétique, l’hydrogène décarboné arrive à l’heure de vérité. Les technologies existent, les investisseurs sont mobilisés. Mais sans décisions politiques rapides, la promesse d’une nouvelle filière industrielle pourrait tourner au rendez-vous manqué.

Par Laura Icart

Après près d’une décennie de stratégies nationales, de financements publics et de démonstrateurs industriels, la filière doit désormais prouver qu’elle peut passer à l’échelle. À l’Assemblée nationale, le message porté par les responsables politiques, industriels et investisseurs réunis autour de France Hydrogène a été sans ambiguïté : les projets existent, les technologies sont disponibles, mais les décisions d’investissement restent suspendues à quelques arbitrages politiques majeurs. À l’initiative de cette rencontre, l’ancien ministre de l’Industrie et de l’énergie Marc Ferracci et plusieurs parlementaires parmi lesquels l’ancienne ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher, le président du Conseil supérieur de l’énergie Jean-Luc Fugit ou encore le député socialiste du Val d’Oise, Romain Eskenazi. Le message tient en cinq mots prononcés par le président de France Hydrogène, Nicolas Brahy : « Ça passe ou ça casse."

Neuf projets, 5 milliards d’euros : l’heure du verdict

« Le coût du retard devient insupportable », rappelle Pierre-Étienne Franc, président d’Hy24, évoquant désormais « un risque financier autant qu’industriel ». Le dirigeant d’Hy24 a rappelé que les projets portés par les entreprises dans lesquelles sa plateforme investit représentent potentiellement plus de 5 milliards d’euros d’investissements. Mais il a surtout insisté sur une mécanique redoutable : chaque report réglementaire prolonge les dépenses de développement, augmente les risques et finit par renchérir le coût du capital. À ses yeux, l’Europe pourrait perdre l’un de ses avantages historiques auprès des...

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