Méthane : les nouvelles règles européennes bousculent le commerce mondial du gaz

RÉGLEMENTATION EUROPÉENNE
20/10/2026
11 min

Selon une étude de l’Union internationale du gaz (IGU), les pays représentant 67 % de la production mondiale ont déjà adopté ou envisagent des réglementations pour limiter ces rejets. En première ligne, l’Union européenne entend imposer des exigences environnementales à ses fournisseurs étrangers, au risque de compliquer les échanges et d’alourdir les coûts de conformité. Face aux inquiétudes des industriels et aux tensions sur les approvisionnements, Bruxelles propose désormais de repousser d’un an certaines obligations prévues pour 2027. Un assouplissement qui illustre les difficultés à concilier ambitions climatiques, compétitivité et sécurité énergétique.

Par Laura Icart

Jusqu'ici principalement soumises à des engagements volontaires, les émissions générées lors de l'extraction, du traitement et du transport des hydrocarbures font désormais l'objet d'un encadrement croissant. Pour les producteurs, cette évolution impose de nouveaux investissements dans la surveillance des installations. Pour les importateurs, elle introduit des obligations de traçabilité susceptibles de modifier les relations commerciales avec leurs fournisseurs. Selon le rapport "The Global State of Methane Regulation", publié par l'Union internationale du gaz (IGU) avec EnDepth, les juridictions représentant 67 % de la production mondiale de gaz naturel ont adopté ou proposé des règles opérationnelles visant à limiter ces émissions. Une couverture réglementaire en forte progression, même si les dispositifs restent très différents selon les régions. Le secteur affiche de premiers résultats. D'après les données de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), reprises par l'étude, l'intensité moyenne des émissions de méthane liées à la production de pétrole et de gaz a reculé de 10 % entre 2019 et 2025. Cette baisse relative ne signifie cependant pas que les émissions totales diminuent dans les mêmes proportions. La croissance de la production mondiale d'hydrocarbures continue de peser sur les volumes rejetés dans l'atmosphère.