Budget 2027 : Jean-Luc Fugit défend la stabilité des soutiens aux renouvelables

ÉNERGIE
19/10/2026
15 min

Alors que le gouvernement cherche à contenir les dépenses de soutien à l'énergie, plusieurs mesures du projet de loi de finances pour 2027 suscitent des inquiétudes dans les filières renouvelables. Dans son rapport budgétaire, le député EPR du Rhône Jean-Luc Fugit pointe les risques liés à la révision de 8 000 contrats photovoltaïques, défend une revalorisation du fonds Chaleur et appelle à mieux encadrer les certificats d'économies d'énergie. L'élu salue en revanche la montée en puissance du soutien à l'hydrogène et les nouvelles perspectives offertes au biométhane. Au-delà des arbitrages budgétaires, il met en garde contre une instabilité réglementaire susceptible de freiner les investissements dans les territoires et réclame davantage de visibilité pour les industriels et les collectivités.

Par Laura Icart 

Comment accélérer la transition énergétique tout en réduisant la facture pour l'État ? C'est l'équation délicate du budget 2027. Alors que la France doit investir pour sortir de sa dépendance aux hydrocarbures importés, le gouvernement entend contenir le coût des soutiens publics, quitte à revenir sur certains engagements. Pour le député Ensemble pour la République Jean-Luc Fugit, rapporteur pour avis de la commission des affaires économiques sur les crédits de l'énergie, également président du Conseil supérieur de l'énergie, cette stratégie comporte un risque : fragiliser la confiance des investisseurs au moment même où la France cherche à accélérer sa transition. Lors d'un échange avec l’Association des journalistes de l’énergie consacré à son rapport, l'élu également en charge des questions énergie pour Gabriel Attal, a défendu une ligne qu'il résume en quatre mots : « Tout sauf les fossiles. »

Des crédits en hausse sur le papier, mais une situation plus contrastée

Sur le papier, les moyens progressent. Sur le périmètre examiné par Jean-Luc Fugit — programmes 174 et 345 et compte d'affectation spéciale pour l'électrification rurale — les autorisations d'engagement atteindraient 12,36 milliards d'euros en 2027, en hausse de 6,9 %. Mais les crédits de paiement resteraient quasiment stables, à 11,08 milliards. Surtout, l'équilibre repose sur des hypothèses sensibles aux prix de l'électricité. En juillet, la Commission de régulation de l'énergie (CRE) évaluait à 14,23 milliards d'euros les charges de service public à compenser en 2027. Le rapporteur relève un écart d'environ 1,2 milliard entre les estimations budgétaires initiales du régulateur et les crédits prévus par le gouvernement. Une différence liée notamment aux nouvelles prévisions de prix de marché et aux économies attendues sur le photovoltaïque. Car lorsque les prix de gros baissent, les compensations publiques versées aux producteurs sous contrat augmentent. Le pari budgétaire reste donc étroitement dépendant de...

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