L’Europe entre dans l’hiver avec une marge de sécurité réduite

SÉCURITÉ ÉNERGÉTIQUE
12/10/2026
9 min
Au 1er octobre 2026, les stockages de gaz de l’UE n’étaient remplis qu’à 72 %. Selon l’ENTSOG, ils pourraient tomber jusqu’à 11 % au printemps 2027 dans cinq des douze scénarios étudiés, et ne seraient encore qu’à 31 % même dans le scénario le plus favorable.

L’Union européenne dispose des infrastructures nécessaires pour couvrir sa demande gazière cet hiver, estime l’Entsog. Mais des stocks historiquement bas et une dépendance croissante au gaz naturel liquéfié rendent l’équilibre plus fragile. Dans plusieurs scénarios, les réserves pourraient tomber à 11 % au printemps 2027, avec à la clé un risque accru sur les prix et sur le remplissage de l’hiver suivant.

Par Laura Icart 

L’Europe devrait pouvoir passer l’hiver sans rupture majeure d’approvisionnement en gaz. Mais cette sécurité a désormais un prix : une dépendance accrue au gaz naturel liquéfié, des stocks plus faibles et une exposition plus forte aux chocs géopolitiques. Dans ses perspectives publiées le 8 octobre, l’Entsog, l’association européenne des gestionnaires de réseaux de transport de gaz, estime que les infrastructures du continent restent suffisamment flexibles pour répondre à la demande hivernale. Le diagnostic n’est pourtant pas rassurant sur tous les fronts.

Un niveau de stockage « historiquement bas »

Au 1er octobre, les stockages souterrains de l’Union européenne n’étaient remplis qu’à 72 %, un niveau qualifié d’« historiquement bas ». Les situations nationales sont par ailleurs très contrastées : la France se situe autour de 85 %, contre seulement 59 % pour l’Allemagne. Le précédent hiver avait déjà fortement sollicité les réserves. L’UE avait commencé la saison 2025-2026 avec 940 TWh de gaz stocké, contre plus de 1...

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