Quatre infos à retenir cette semaine

27/09/2026
6 min

Pouvoir d’achat, canicules, hydrogène et sécurité d’approvisionnement : Engie débloque 54 millions d’euros pour ses clients modestes, RTE dresse le bilan d’un été électrique sous tension, 170 industriels interpellent Bruxelles et Elengy lance un chantier de 220 millions d’euros à Montoir-de-Bretagne (Loire-Atlantique).

Par Gaz d’aujourd’hui, avec AFP

Engie versera 75 euros à 720 000 bénéficiaires du chèque énergie

Engie remet la main à la poche pour soutenir ses clients les plus modestes. Le groupe va verser une aide exceptionnelle de 75 euros TTC à 720 000 bénéficiaires du chèque énergie en 2026, soit un effort total de 54 millions d’euros. Cette somme sera directement créditée sur leur prochaine facture d’électricité ou de gaz, sans démarche supplémentaire, à condition d’être client au 1er octobre 2026 et d’avoir déjà utilisé son chèque énergie pour régler une facture cette année. Le groupe présente cette mesure comme une réponse à la volatilité persistante des marchés de l’énergie et à la pression sur le pouvoir d’achat. Engie avait déjà mis en place des abondements comparables en 2022 et en 2024, au plus fort des tensions sur les prix. Cette nouvelle aide vient s’ajouter au chèque énergie versé par l’État aux ménages modestes. Environ 4,5 millions de foyers en ont bénéficié en 2026, pour un montant moyen de 153 euros. Les ménages éligibles sont ceux dont le revenu fiscal de référence est inférieur à 11 000 euros. Avec cet abondement, Engie entend renforcer ponctuellement le soutien à ses clients les plus exposés à la précarité énergétique, tout en prolongeant les dispositifs d’accompagnement qu’il mène avec les collectivités, les travailleurs sociaux et les associations.

Canicules : le système électrique français a tenu malgré une demande en hausse

Les vagues de chaleur de l’été 2026 ont pesé sur le système électrique français sans mettre en cause la sécurité d’approvisionnement, selon RTE. La consommation brute d’électricité a progressé de 4 à 5 % en juin et juillet sur un an, sous l’effet notamment de la climatisation, tandis que le nucléaire et l’hydraulique étaient affectés par la chaleur et la sécheresse. « Contrairement à 2022, il n’y a pas eu de risque physique sur l’approvisionnement en électricité du pays, y compris pendant l’été », a souligné Thomas Veyrenc, directeur général chargé de l’économie, de la stratégie et des finances de RTE. Malgré ces tensions, la France est restée exportatrice d’électricité 99,9 % du temps et a vendu 23,7 TWh à ses voisins entre juin et août. La production nucléaire est restée globalement stable, à 83,7 TWh, mais jusqu’à 15 réacteurs ont été simultanément affectés par des réductions ou arrêts liés à la chaleur le 17 août. En parallèle, l’hydraulique a connu l’un de ses plus faibles niveaux depuis 50 ans, tandis que l’éolien, le solaire et les centrales thermiques au gaz ont davantage contribué à l’équilibre du système. RTE souligne enfin que les incendies ont constitué l’une des principales menaces pour les infrastructures de transport d’électricité, entraînant plusieurs mises hors tension préventives.

Hydrogène renouvelable : 170 industriels appellent Bruxelles à maintenir les quotas européens

Plus de 170 entreprises de l’hydrogène, de l’énergie et de la finance ont appelé la Commission européenne à maintenir, prolonger et renforcer après 2030 les objectifs obligatoires de carburants renouvelables d’origine non biologique (RFNBO) prévus par la directive européenne sur les énergies renouvelables. Dans un courrier adressé à Ursula von der Leyen, Teresa Ribera et Dan Jørgensen, les signataires, parmi lesquels Hydrogen Europe, le Hydrogen Council ou encore Hy24, estiment que ces obligations constituent un signal de demande indispensable pour sécuriser les investissements dans l’hydrogène renouvelable européen. « Supprimer les objectifs et obligations RFNBO ne constituerait pas une simplification », avertit Hydrogen Europe, qui souligne que plus de 15 milliards d’euros ont déjà été engagés dans les applications finales de l’hydrogène en Europe. Le débat porte notamment sur la directive RED III : dans les transports, les RFNBO doivent représenter au moins 1 % de l’énergie consommée en 2030 et contribuent à un objectif combiné de 5,5 % avec les biocarburants avancés. Dans l’industrie, l’article 22a prévoit que les RFNBO représentent 42 % de l’hydrogène utilisé en 2030, puis 60 % en 2035, avec certaines flexibilités pour les États membres. Les acteurs du secteur défendent en particulier le mécanisme applicable aux transports, qui permet de comptabiliser l’hydrogène renouvelable utilisé dans les raffineries pour produire des carburants conventionnels dans l’objectif transport. À leurs yeux, ce dispositif crée un débouché immédiat pour l’hydrogène bas carbone tout en soutenant l’activité de raffinage européenne et en réduisant progressivement la dépendance aux hydrocarbures importés.

Elengy investit 220 millions d’euros pour moderniser le terminal de Montoir-de-Bretagne

Elengy engage plus de 220 millions d’euros dans la modernisation de son terminal méthanier de Montoir-de-Bretagne, en Loire-Atlantique. Baptisé « Ulysse », le chantier doit prolonger la durée de vie du site tout en réduisant fortement son empreinte carbone. Le groupe prévoit notamment de remplacer les équipements de regazéification à combustion par deux nouvelles unités utilisant l’eau de Loire. À la clé, Elengy vise une baisse de 80 % des émissions directes liées à la regazéification, soit plus de 30 000 tonnes de CO₂ évitées chaque année. Les travaux, qui doivent se poursuivre jusqu’en 2030 sans interruption de l’activité, mobiliseront jusqu’à 170 personnes au plus fort du chantier. Mis en service en 1980, le terminal de Montoir-de-Bretagne occupe une place importante dans l’approvisionnement gazier français. Elengy indique qu’il peut émettre jusqu’à 10 milliards de m³ de gaz par an et qu’il a accueilli plus de 3 000 méthaniers depuis son ouverture. Lors des récentes tensions d’approvisionnement en Europe, sa capacité de regazéification aurait permis de couvrir plus d’un quart de la consommation annuelle française de gaz. Avec Ulysse, l’opérateur cherche donc à maintenir cette capacité stratégique tout en adaptant ses infrastructures aux nouvelles contraintes environnementales. Selon Géraldine Brissiaud, directrice générale d’Elengy, l’investissement doit permettre de conjuguer « sécurité d’approvisionnement, excellence industrielle et réduction ambitieuse de nos émissions de CO₂ ».

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