Les émissions françaises de gaz à effet de serre ont diminué de 4,8 %

Climat
09/07/2026
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Les émissions françaises de gaz à effet de serre ont diminué de 4,8 % sur un an au premier trimestre 2026, selon une pré-estimation provisoire du Citepa publié ce 7 juillet. Cette évolution correspond au rythme annuel visé par la troisième stratégie nationale bas carbone. Elle résulte toutefois en partie de la douceur de l’hiver. La baisse de plusieurs polluants atmosphériques présente également un enjeu sanitaire.

Par Gaz d’aujourd’hui 

Les émissions territoriales françaises de gaz à effet de serre, hors utilisation des terres et puits de carbone, sont estimées à 98,5 millions de tonnes équivalent CO₂ au premier trimestre 2026. Elles atteignaient 103,5 millions de tonnes sur la même période en 2025. La diminution s’élève donc à 5 millions de tonnes, soit 4,8 % en un an, selon le baromètre publié le 8 juillet par le Citepa. L’organisme précise qu’il s’agit d’une pré-estimation qui devra être consolidée dans les prochains inventaires nationaux. « Le résultat est principalement lié au recul des émissions des bâtiments, des transports, de l’industrie manufacturière et de la production d’énergie« , indique le Citepa. Les émissions agricoles sont, en revanche, restées pratiquement stables.

Un rythme proche de celui prévu par la SNBC3

La troisième stratégie nationale bas carbone fixe pour objectif de réduire de moitié les émissions territoriales françaises hors puits de carbone en 2030 par rapport à leur niveau de 1990. Elle maintient également l’objectif de neutralité carbone en 2050. Selon le ministère de la Transition écologique, atteindre l’objectif de 2030 suppose désormais une diminution des émissions « de l’ordre de 5 % chaque année ». La baisse enregistrée au premier trimestre 2026 est donc proche de ce rythme, mais elle ne porte que sur trois mois et ne permet pas de conclure sur l’ensemble de l’année. Le Citepa souligne par ailleurs le rôle des conditions météorologiques. Février 2026 a été exceptionnellement doux, tandis que mars a également enregistré des températures supérieures à la normale. Cette situation a réduit les besoins de chauffage.

Les bâtiments à l’origine de la principale baisse

Les émissions du résidentiel et du tertiaire ont diminué de 10,7 %, soit 2,3 millions de tonnes équivalent CO₂ en moins. La consommation de gaz naturel a reculé de 12,7 % et celle de fioul domestique de 13,3 %. Les émissions liées au chauffage, à l’eau chaude et à la cuisson ont fortement diminué dans les logements comme dans les bâtiments tertiaires. Cette évolution ne peut toutefois pas être attribuée uniquement à des changements structurels, tels que la rénovation énergétique ou le remplacement des chaudières fossiles. Une partie importante de la baisse provient du moindre recours au chauffage pendant l’hiver. Le secteur de la production d’énergie a également réduit ses émissions de 6,4 %, soit environ 600 000 tonnes équivalent CO₂. Le Citepa attribue cette évolution à une baisse de l’utilisation des énergies fossiles pour la production d’électricité et le chauffage urbain.

Une diminution dans les transports, sauf pour l’aérien

Les transports demeurent le premier secteur émetteur en France, avec près d’un tiers des émissions territoriales. Leurs émissions ont néanmoins diminué de 3,8 % au premier trimestre 2026, soit 1,1 million de tonnes équivalent CO₂. Cette baisse est principalement associée au recul de 5,7 % des ventes de gazole. Elle concerne notamment les voitures particulières, les poids lourds, les autobus et les autocars fonctionnant au diesel. Le transport aérien intérieur suit une évolution différente. Ses émissions ont progressé de 6,4 % par rapport au premier trimestre 2025. « La trajectoire des transports reste l’un des principaux points de vigilance de la SNBC3 » rappelle le Haut Conseil pour le climat. Le secteur devra « poursuivre et accélérer sa baisse pour respecter les futurs budgets carbone ».

Industrie en baisse, agriculture stable

Les émissions de l’industrie manufacturière et de la construction ont reculé de 5,9 %, soit environ un million de tonnes équivalent CO₂. La baisse concerne notamment l’agroalimentaire, la chimie et la métallurgie. Elle s’explique par une diminution des consommations de gaz naturel et de combustibles minéraux solides. Les données ne permettent toutefois pas, à ce stade, de distinguer précisément les effets de la décarbonation de ceux liés à l’évolution de la production industrielle. Dans l’agriculture, les émissions ont progressé de 0,1 %. Le recul du cheptel bovin a entraîné une diminution de 2,7 % des émissions de méthane. Cet effet a été compensé par une hausse de 4,3 % du protoxyde d’azote, liée à l’augmentation des apports d’engrais azotés.

Des effets attendus sur la santé

Le baromètre du Citepa mesure également plusieurs polluants atmosphériques. Les émissions d’oxydes d’azote ont diminué de 2 %, passant de 201 000 à 197 000 tonnes. Cette évolution provient principalement de la baisse de la consommation de gazole, ainsi que du recul des émissions des bâtiments et de certaines activités industrielles. Les émissions de particules fines PM2,5 ont diminué de 7,9 %. Cette baisse est surtout liée au moindre usage du chauffage au bois pendant l’hiver doux. Les composés organiques volatils non méthaniques ont, pour leur part, reculé de 3,4 %. Ces évolutions concernent directement la santé publique.

Santé publique France estime que près de 40 000 décès par an sont attribuables à l’exposition prolongée des personnes âgées de plus de 30 ans aux particules fines PM2,5. L’agence associe également la pollution de l’air à des maladies respiratoires, cardiovasculaires et métaboliques, notamment l’asthme, les accidents vasculaires cérébraux et le diabète de type 2. La baisse des émissions de polluants constitue donc un indicateur favorable. Elle ne signifie toutefois pas automatiquement une diminution équivalente de l’exposition de la population. La qualité de l’air dépend aussi de la localisation des émissions, des conditions météorologiques et des concentrations effectivement mesurées.

« Bonne nouvelle pour le climat », a écrit sur LinkedIn Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la Transition écologique, soulignant une baisse portée par « les bâtiments, les transports et l’industrie manufacturière ». Le ministre estime que les politiques de décarbonation engagées depuis 2017 « portent leurs fruits ». Ces réactions ne mentionnent pas directement la part des conditions météorologiques dans les résultats. Le Citepa indique pourtant que la diminution des émissions des bâtiments et des particules fines est fortement liée à la douceur de février et de mars.

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