Réseaux gaziers : indispensables aujourd’hui, soutenables demain ?

Perspectives
01/07/2026
13 min
D’ici à 2050, le coût total des infrastructures gazières ne reculerait que de 11 % à 17 %, tandis que la consommation pourrait chuter jusqu’à 56 % et le nombre d’utilisateurs jusqu’à 60 %, faisant peser une part croissante des charges sur les clients restant raccordés indique le 1er juillet la CRE. ©Shutterstock

La baisse du nombre de consommateurs ne permettra pas de réduire les coûts des infrastructures au même rythme, souligne dans un nouveau rapport publié ce jour la Commission de régulation de l’énergie, qui met en garde contre "un effet de ciseau". Le régulateur, qui évoque plusieurs pistes pour anticiper et lisser cette hausse, envisage notamment de faire payer plus tôt certaines dépenses futures, de revoir les règles d’amortissement et d’organiser localement les sorties du gaz. Les prochaines négociations tarifaires, prévues à partir de 2027, s’annoncent particulièrement sensibles.

Par Laura Icart

« En 2026, on a un système d’infrastructures gazières qui fonctionne, qui est utile et qui dessert 11 millions de consommateurs. En 2050, on aura toujours besoin d’un système de qualité, toujours utile, qui transportera du gaz décarboné, mais moins de gaz et pour moins de consommateurs », a résumé la présidente de la CRE Emmanuelle Wargon, lors de la présentation du rapport à la presse hier, « le volet économique » d’une première étude publiée par le régulateur en 2023 pour « ouvrir les champs des possibles » et « anticiper ». Si la France comptera moins de consommateurs en 2050, mais ne pourra pas se passer de la majorité de ses infrastructures gazières, celles-ci resteront nécessaires pour acheminer les gaz renouvelables, couvrir les pointes de consommation, alimenter certains usages industriels difficilement électrifiables et préserver le rôle de transit de la France en Europe.

Un système plus petit

La CRE ne prévoit donc pas le « grand soir » pour les réseaux gaziers en 2050. Elle envisage plutôt un système plus petit, alimenté davantage par du biométhane et d’autres gaz décarbonés, mais toujours indispensable pour certains usages industriels, les réseaux de chaleur, la production d’électricité lors des pointes ou encore le transit européen. « Notre hypothèse de base, c’est qu’on a toujours un système gazier », insiste la présidente du régulateur. « Il est plus petit que le système actuel, mais pas tant que ça, et il est à payer par moins de consommation et moins de consommateurs. » Le système dessert aujourd’hui environ 10 millions de clients...

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