Électrification : la France « mieux placée » que ses voisins, mais encore très loin de ses objectifs pour 2030

Politiques publiques
19/06/2026
8 min
Le détail sectoriel de l’observatoire publié par l’UFE ce 17 juin indique un taux de 47 % dans les bâtiments, 36 % dans l’industrie, 2 % dans les transports et 13 % dans l’agriculture, ainsi que 1,8 million de véhicules électriques légers et 152 000 points de recharge publics en 2024. ©Shutterstock

La France produit une électricité largement décarbonée et en exporte des volumes records. Pourtant, son électrification avance au ralenti. C’est le principal constat du premier observatoire de l’électrification publié par l’Union française de l’électricité (UFE), à partir de données portant sur l’année 2024. Ce nouvel outil, qui doit être actualisé chaque année, mesure la place de l’électricité dans les bâtiments, l’industrie, les transports et l’agriculture.

Par Laura Icart 

En 2024, l’électricité ne représentait que 27 % de la consommation finale d’énergie en France. Le pays fait mieux que la moyenne de l’Union européenne, établie à 24 %, ainsi que l’Allemagne, à 23 %, ou le Royaume-Uni, à 22 %. Mais il reste loin derrière la Suède, où le taux atteint 35 %, et surtout la Norvège, avec 54 %. La France accuse également un retard important sur ses propres objectifs. La troisième programmation pluriannuelle de l’énergie vise un taux d’électrification de 34 % en 2030, soit sept points de plus qu’aujourd’hui. Selon l’UFE, il faudrait réaliser en cinq ans autant de progrès qu’au cours des trois décennies précédentes.

La consommation d’électricité revenue 20 ans en arrière

Autre paradoxe : alors que l’électricité doit remplacer progressivement le pétrole et le gaz, sa consommation ne progresse plus. Elle...

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