Marché du carbone européen: France, Allemagne et Italie plaident la « compétitivité » de l’UE   

26/02/2026
3 min


 

Les ministres de l’Industrie de 10 pays de l’Union européenne (UE), dont l’Allemagne, la France, l’Italie, l’Espagne et  la Pologne, réclament mercredi 25 février une réforme du marché des quotas d’émissions carbone (ETS) qui favorise « la compétitivité » de l’UE en matière industrielle.

Par Gaz d’aujourd’hui avec AFP


« La décarbonation ne doit pas se faire au prix de la désindustrialisation » et « la réduction des émissions dans l’industrie devrait être réalisée au  moindre coût possible », affirment les ministres dans un communiqué transmis par le ministre allemand de l’Economie et de l’Energie, qui a l’Industrie dans 
son portefeuille.

Une réforme attendue

La Commission européenne doit présenter courant 2026 ses propositions pour une réforme du marché des quotas d’émissions carbone (ETS), le plus ambitieux au monde, créé en 2005. Pour couvrir leurs émissions de CO2, les producteurs d’électricité et les  industries énergivores (sidérurgie, ciment, chimie…) doivent acheter des  « permis de polluer. »  Pour encourager la décarbonation, l’Europe fixe chaque année un plafond d’émissions au-dessous duquel chaque secteur a le droit d’émettre « gratuitement » du CO2, puis doit payer une fois ce seuil dépassé. Chaque année, le plafond est baissé pour pousser les industriels à la décarbonation. Mais le système actuel expose les industriels « au risque de niveaux de prix élevés, d’une volatilité accrue du marché et d’une liquidité limitée », soulignent les dix pays européens, parmi lesquels on compte aussi l’Autrichela République tchèque, le Luxembourg, le Portugal et la Slovaquie.

La compétitivité « avant tout »

La prochaine révision de l’ETS devrait selon eux « renforcer la compétitivité de l’UE en garantissant un signal de prix efficace, la prévisibilité, la stabilité du marché et une protection contre une volatilité 
excessive des prix ». Mais elle doit aussi comporter une « approche pragmatique en matière d’allocations gratuites, favorisant les investissements dans les technologies respectueuses du climat et offrant des garanties solides contre les fuites de  carbone », insistent les dix ministres signataires.
 Début février, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait loué les « avantages » du marché du carbone européen, au moment où  les industriels haussaient le ton contre le prix du CO2 en Europe.

Les Européens ont « besoin de garder un marché du carbone » mais celui-ci « ne  fonctionne pas bien pour certains pays », avec un coût élevé pour les plus  dépendants aux énergies fossiles, avait soupesé le président français Emmanuel 
Macron.

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