Quatre infos à retenir

En bref...
21/02/2026
9 min

Suite à la publication de la PPE3, les régions réclament plus de pouvoir pour gérer le déploiement des énergies renouvelables sur les territoires, tandis qu’EDF enregistre un redressement significatif de sa trésorerie grâce à une production nucléaire au plus haut, malgré des prix en baisse. Storengy, de son côté, sécurise l’approvisionnement énergétique de l’hiver 2026-2027 avec 90,2 TWh de capacités de stockage souscrites. Enfin, le gouvernement se félicite du progrès du troisième plan national d’adaptation au changement climatique, avec 80 % des actions déjà enclenchées. 

Par Gaz d’aujourd’hui, avec AFP

Les régions réclament plus d’autonomie et une gestion concertée des énergies renouvelables

À l’heure où la France doit intensifier sa transition énergétique, les régions réclament un rôle renforcé dans la répartition des objectifs nationaux d’énergies renouvelables (EnR). Lors de leur dernière conférence de presse, leurs représentants ont insisté sur leur expertise et leur rôle crucial en tant qu’autorités de planification énergétique, pour atteindre les ambitions fixées par la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3), récemment annoncée par le Premier ministre. Les régions, qui ont déjà dépassé de plus de 2 % leurs objectifs de la PPE2, saluent le nouvel objectif national de 650 à 693 TWh de production énergétique décarbonée à horizon 2035. Toutefois, elles jugent que la dimension territoriale de la PPE reste insuffisante et demandent une gouvernance régionale plus solide pour garantir une répartition juste et concertée des objectifs EnR. « La répartition des objectifs doit tenir compte des spécificités régionales et des efforts déjà fournis par chaque territoire » a souligné le porte-parole des régions de France.

Les régions dénoncent également la volatilité du cadre national qui fragilise la planification énergétique locale. Elles craignent que la révision de la PPE nationale en 2027 ne vienne désarticuler les trajectoires régionales déjà mises en place, risquant ainsi de ralentir les projets locaux. « Nous avons besoin de stabilité et de visibilité pour permettre aux projets énergétiques de voir le jour. Sans le soutien des régions, beaucoup de ces projets seraient tout simplement annulés » avertit un élu régional. Les régions ont formulé plusieurs propositions pour renforcer l’efficacité de la transition énergétique, notamment une meilleure articulation entre la PPE et les schémas régionaux de développement territorial (Sraddet), ainsi qu’une simplification des procédures de révision de ces schémas. Elles appellent aussi à une révision du cadre tarifaire pour garantir l’accès aux énergies renouvelables à des prix justes et compétitifs pour les usagers. Enfin, elles insistent sur la nécessité de maintenir un dialogue constructif avec l’État, dans le respect des engagements législatifs sur la concertation, pour garantir une transition énergétique qui soit réellement effective sur le terrain. Sans une coopération renforcée entre l’État et les régions, elles prévoient que la transition énergétique restera un objectif théorique, sans impact tangible sur les territoires.

EDF : un retour en force du nucléaire propulse ses résultats

Porté par une production nucléaire revenue à son plus haut niveau depuis six ans, EDF signe en 2025 un exercice de consolidation marqué par une forte intensité industrielle et un net redressement de sa génération de trésorerie, dans un environnement de prix de marché en reflux, a annoncé le groupe français ce 20 février lors de la présentation de ses résultats annuels. Le groupe a produit 515 TWh, dont 373 TWh de nucléaire en France (+ 11,3 TWh), traduisant une meilleure disponibilité du parc et une maîtrise accrue des arrêts de tranche, tandis que les stations de transfert d’énergie par pompage ont atteint un niveau record de 6 TWh illustrant également la montée en puissance des leviers de flexibilité dans un système électrique plus complexe. Avec 95 % d’électricité décarbonée et une intensité carbone ramenée à 26,5 gCO₂/kWh (- 10,5 %), l’énergéticien conforte son statut de champion bas carbone. Sur le plan financier, le chiffre d’affaires s’établit à 113,3 milliards d’euros et l’Ebitda à 29,3 milliards, en retrait par rapport à 2024 sous l’effet mécanique de la baisse des prix, mais soutenu par la hausse de la production nucléaire et la progression des activités régulées en France. Le résultat net part du groupe atteint 8,4 milliards d’euros, intégrant notamment des éléments non courants liés au projet britannique Hinkley Point C. Signe d’un profil financier qui se renforce, le cash-flow opérationnel ressort à 9,6 milliards d’euros et le cash-flow net à 2,9 milliards, permettant de réduire l’endettement financier net à 51,5 milliards d’euros, soit 1,8 fois l’Ebitda. Cette discipline s’accompagne d’un effort d’investissement massif de 24 milliards d’euros, orienté vers le nouveau nucléaire – avec Flamanville 3 désormais à 100 % de puissance et un devis prévisionnel de 72,8 milliards d’euros (en euros 2020) pour le programme EPR2 – ainsi que vers les réseaux et les renouvelables (3 GW bruts mis en service, portefeuille porté à 95,5 GW). En parallèle, le groupe accélère sa politique commerciale avec 47 TWh par an de contrats moyen et long terme signés, dont plusieurs allocations de production nucléaire au bénéfice d’industriels électro-intensifs, tout en déployant 400 000 points de recharge pour véhicules électriques et en adaptant ses infrastructures aux aléas climatiques. Malgré une prévision d’Ebitda 2026 attendue en léger retrait dans un contexte de prix plus bas, EDF confirme ses objectifs de désendettement à horizon 2027 et propose le versement d’un dividende d’un milliard d’euros, illustrant une trajectoire où la souveraineté énergétique, la résilience industrielle et la transition bas carbone s’imposent comme les marqueurs structurants de sa stratégie.

90,2 TWh de capacités de stockage de gaz souscrits pour l’hiver 2026-2027

Dans un contexte de marché incertain, Storengy France a achevé avec succès la commercialisation de ses capacités de stockage de gaz pour l’hiver 2026-2027. L’ensemble des 90,2 TWh proposées ont été souscrites, garantissant ainsi une base solide pour la sécurité d’approvisionnement énergétique du pays. Avec près de 75 % du parc français de stockage, l’entreprise confirme son rôle stratégique majeur dans la continuité de l’approvisionnement pour 11 millions de consommateurs pendant les mois hivernaux. La campagne de commercialisation, lancée en octobre 2025, a vu 47 acteurs souscrire à la totalité des capacités disponibles, malgré un contexte marqué par des spreads hiver-été réduits. Un signe clair de la confiance du marché dans les infrastructures de stockage de Storengy et de l’importance cruciale de ces capacités pour assurer la résilience énergétique du pays. Lors de l’hiver en cours, le stockage souterrain de gaz a déjà couvert plus de 70 % des besoins quotidiens de consommation nationale.

Storengy a su diversifier son offre pour répondre aux besoins des acteurs du marché. Trois gammes de produits ont été proposées : des produits saisonniers (60 TWh), des produits médians (19,5 TWh) et des produits rapides (10,7 TWh), permettant ainsi de s’adapter aux stratégies des fournisseurs d’énergie. Avec un regard tourné vers l’avenir, l’entreprise a déjà commercialisé 30,5 TWh pour l’hiver 2027-2028 et continue à renforcer sa position pour les années à venir. Ce succès témoigne de l’engagement de Storengy à maintenir une énergie fiable et accessible, essentielle pour la sécurité énergétique du pays.

80 % des mesures prévues dans le plan national d’adaptation au changement climatique ont été enclenchées

Près d’un an après son lancement, le troisième plan national d’adaptation au changement climatique (Pnacc3) affiche, selon le gouvernement, un taux d’engagement de « 80 % des actions » prévues, signe d’une « dynamique » enclenchée pour préparer la France à un réchauffement pouvant atteindre 4 °C d’ici à 2100. Présenté le 13 mars 2025 après plusieurs reports, le plan prévoit une cinquantaine de mesures, du renforcement du fonds Barnier pour l’indemnisation des catastrophes climatiques à l’amélioration de la protection des travailleurs exposés aux fortes chaleurs, en passant par des études destinées à adapter transports et agriculture à des conditions plus extrêmes. Jeudi, devant le Conseil national de la transition écologique, la ministre de la Transition écologique doit dresser un premier état des lieux. « Nous sommes dans les temps, on n’a pas pris d’avance non plus », reconnaît le ministère, évoquant un « bilan satisfaisant » tout en rappelant que certaines actions n’avaient vocation à être engagées qu’en 2026. Cette lecture optimiste ne dissipe pas les critiques. « Un an après son lancement, des actions ont été initiées mais la faiblesse structurelle est renforcée par les arbitrages rendus lors des lois de finances successives », estime Nicolas Richard, vice-président de France nature environnement, qui juge qu’« une réflexion sur l’aménagement du territoire dans un climat modifié tarde à être engagée ». Dès sa publication, le Pnacc3 avait été accueilli avec réserve par les ONG, le Haut Conseil pour le climat et la Cour des comptes, pointant un financement insuffisant et des retards persistants dans l’anticipation des risques. Interrogé sur les critiques liées au manque d’adaptation face aux inondations et crues qui touchent le pays depuis plus d’une semaine, le cabinet de la ministre met en avant le renforcement du fonds Barnier et assume une forme de pédagogie contrainte : ces événements constituent, selon lui, « une préfiguration du futur ».

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