Transports, agriculture, industrie, bâtiments : comment la France veut tenir sa trajectoire climat

Politiques énergétiques
15/12/2025
13 min
La SNBC 3 fixe de nouveaux budgets carbone pour les périodes 2024-2028, 2029-2033 et 2034-2038, alignés sur les objectifs français et européens, impliquant une accélération nette de la baisse des émissions de gaz à effet de serre, à près de –5 % par an d’ici 2030, contre –3 % en moyenne entre 2017 et 2023. ©Shutterstock

Dix ans après l’accord de Paris, le constat est clair : jamais la science du climat n’a été aussi robuste, jamais les signaux d’alerte n’ont été aussi nets et jamais la nécessité d’agir n’a été aussi impérieuse. Alors que le seuil de réchauffement de + 1,5 °C à l’échelle mondiale semble de plus en plus difficile à respecter, les années qui viennent seront déterminantes pour conjuguer atténuation et adaptation. En France comme ailleurs, la décennie écoulée a été marquée par des records successifs de chaleur, des épisodes d’extrêmes météorologiques plus fréquents et plus intenses, marquant un besoin croissant de planification pour accompagner l’adaptation des territoires.

Par Laura Icart

Le 12 décembre 2025, le gouvernement français a lancé la dernière phase de consultation publique de la stratégie nationale bas carbone (SNBC 3), un projet qui fixe la trajectoire de réduction des émissions de gaz à effet de serre du pays jusqu'en 2050. Ce texte, qui sera « finalisé au premier trimestre 2026 » selon le ministère de la Transition écologique, constitue le cadre stratégique pour atteindre les objectifs climatiques du pays et répondre à ses engagements internationaux. Il trace une feuille de route sectorielle très précise pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Des objectifs chiffrés, des technologies mises en avant et une même ligne directrice selon le cabinet de la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut : « décarboner sans bouleverser les modes de vie », tout en cherchant un équilibre politique. « Ce n’est pas un scénario théorique : chaque étape a été testée pour sa faisabilité économique, industrielle et sociale » insiste l’entourage de la ministre.

« C’est la fin des politiques climatiques en stop-and-go »

La décarbonation de l'économie française nécessite des investissements colossaux, estimés à 80 milliards d'euros par an d'ici 2030. Cependant, ces dépenses « devraient être largement compensées par des économies à long terme, notamment une réduction de la facture énergétique des ménages » indique l’entourage de la ministre de la Transition écologique. Si l'impact sur les coûts à court terme sera « modéré » indique le gouvernement, la transition énergétique permettrait à terme une baisse des prix de l'énergie. L’amélioration de l’efficacité énergétique, au cœur des mesures de la SNBC 3,...

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