Quatre infos à retenir cette semaine

En bref...
10/05/2026
7 min

Alors que Bruxelles promet une sortie totale du gaz russe d’ici 2027, les importations de GNL en provenance de Russie ont paradoxalement augmenté début 2026, sur fond de tensions géopolitiques et d’envolée des prix du gaz pour les ménages européens. Face à cette instabilité, l’UE accélère parallèlement sa transition énergétique en injectant plus d’un milliard d’euros dans l’hydrogène propre. Dans le même temps, l’industrie automobile européenne se réorganise : Stellantis prépare un partenariat stratégique inédit avec le chinois Leapmotor pour produire des véhicules électriques en Espagne et répondre aux exigences du « Made in Europe ».

Par Gaz d’aujourd’hui

L’UE veut couper le robinet mais a augmenté ses importations de gaz russe début 2026

Alors que l’Union européenne promet de se sevrer définitivement du gaz russe d’ici l’automne 2027, les importations européennes de gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance de Russie ont paradoxalement augmenté au début de l’année. Selon l’ONG allemande Urgewald, 91 cargaisons ont été recensées entre janvier et avril depuis le terminal russe de Yamal, soit une hausse de 17,2 % par rapport à la même période en 2025, passant de 5,71 à 6,69 millions de tonnes. Bruxelles reconnaît cette légère progression, qu’elle attribue principalement à une demande européenne accrue en 2025, sans établir de lien direct avec la crise au Moyen-Orient et le blocage du détroit d’Ormuz. L’exécutif européen insiste toutefois sur la baisse structurelle de sa dépendance au gaz russe, passée de 45 % des importations totales en 2021 à seulement 12 % en 2025. Pour compenser la réduction du gazoduc, l’UE se tourne vers le GNL, notamment en provenance des États-Unis (60 %), tandis que la Russie représente désormais 17 % des importations, devant le Nigeria et le Qatar à 6 % chacun.

L’UE annonce plus d’un milliard d’euros pour soutenir l’industrie de l’hydrogène

La Commission européenne a sélectionné ce 4 mai neuf projets de production d’hydrogène dans sept pays de l’espace économique européen, dans le cadre de la troisième mise aux enchères de la Banque européenne de l’hydrogène (BEE). Ces projets bénéficieront d’environ 1,09 milliard d’euros de financement provenant du fonds pour l’innovation, visant à soutenir la production d’hydrogène propre et réduire les émissions de gaz à effet de serre. Les initiatives retenues devraient fournir près de 1,1 gigawatt de capacité d’électrolyseur et produire plus de 1,3 million de tonnes d’hydrogène sur leurs 10 premières années, ce qui permettrait d’éviter environ 9 millions de tonnes de CO₂. Parmi les projets phares figurent le Cloudberry en Finlande, le Lotse en Allemagne et NJK au Danemark, chacun ciblant différents secteurs, de l’industrie lourde à l’aviation maritime. La prime fixée par kilogramme d’hydrogène certifié varie entre 0,44 et 3,49 euros, pour un maximum de 10 ans de soutien.

Le financement est complété par des contributions nationales : 1,3 milliard d’euros pour l’Allemagne et 440 millions pour l’Espagne, permettant de soutenir des projets supplémentaires via la plateforme de la BEE. « Les conventions de subvention seront finalisées au dernier trimestre 2026, avec une mise en service des projets prévue dans un délai de cinq ans » indique la Commission européenne.

Automobile : Stellantis prêt à ouvrir ses usines espagnoles au chinois Leapmotor

Stellantis a annoncé vendredi envisager un renforcement majeur de son partenariat avec le constructeur chinois Leapmotor, avec la production de plusieurs modèles dans ses usines espagnoles de Saragosse et Madrid. Le groupe automobile étudie également une possible entrée de Leapmotor au capital de son site madrilène de Villaverde, une opération qui constituerait une première pour un constructeur chinois en Europe. Selon le projet présenté par Stellantis, Leapmotor pourrait produire dès 2026 son modèle électrique B10 à Saragosse, tandis qu’un SUV Opel 100 % électrique développé conjointement par les deux groupes y serait également assemblé à partir de 2028. Ce futur modèle intégrerait notamment des technologies batteries et une architecture électrique chinoises issues de Leapmotor afin de réduire les coûts et accélérer les délais de développement.

À Madrid, Stellantis évoque la production d’un ou plusieurs modèles Leapmotor à partir de 2028, destinés aux marchés européens et internationaux. Le groupe précise que cette implantation permettrait de répondre aux futures exigences du « Made in Europe » et d’éviter les droits de douane européens appliqués aux véhicules électriques importés de Chine. « Opel combinerait l’excellence de l’ingénierie allemande avec la rapidité de l’innovation technologique mondiale », a déclaré Xavier Chéreau, président du conseil de surveillance d’Opel. Cette stratégie intervient alors que plusieurs constructeurs européens cherchent à remplir des usines sous-utilisées, dans un contexte où les sites automobiles européens tournent en moyenne à 50 % de leur capacité.

Hausse des prix du gaz : le médiateur national de l’énergie appelle les consommateurs à comparer les offres

Dans un contexte de fortes tensions géopolitiques, marqué notamment par la guerre en Iran et les perturbations autour du détroit d’Ormuz, le médiateur national de l’énergie alerte sur l’accélération des prix du gaz pour les particuliers. En mai 2026, le prix repère de vente du gaz publié par la Commission de régulation de l’énergie (CRE) atteint 0,1256 euro TTC le kWh, soit une hausse de 15,4 % par rapport au mois précédent. Depuis janvier, où le prix moyen s’élevait à 0,10192 euro TTC le kWh, l’augmentation représente plus de 300 euros TTC supplémentaires sur la facture annuelle d’un foyer consommant 14 000 kWh de gaz par an. Dans ce contexte de forte volatilité, le médiateur appelle les consommateurs à « surveiller et comparer l’évolution des offres de fourniture de gaz » afin de limiter l’impact des hausses tarifaires. Au 6 mai 2026, le comparateur officiel energie-info.fr recensait 36 offres de gaz naturel : 6 à prix fixe, 16 à prix de l’énergie fixe, 11 indexées sur le prix repère et 3 reposant sur des modalités contractuelles jugées plus risquées. Le médiateur déconseille notamment les offres dont les évolutions tarifaires « sont laissées à l’appréciation du fournisseur ». « Même si le prix repère de juin devrait légèrement baisser, l’évolution des mois suivants reste très incertaine », prévient également l’institution, qui rappelle que les particuliers peuvent changer de fournisseur gratuitement et à tout moment.

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