Quatre infos à retenir cette semaine

En bref...
08/03/2026
7 min

Flambée des prix de l’énergie, transition énergétique en Chine, nouveaux contrats dans la valorisation des déchets et innovations en biométhane... Tandis que le gouvernement français ferme la porte à une proposition de gel des prix en réponse à la hausse des tarifs et à la guerre au Moyen-Orient, la Chine dévoile un plan quinquennal prudent face à un ralentissement économique et un défi climatique de plus en plus pressant. SUEZ remporte un contrat stratégique pour l’exploitation de l’UVE de Valserhône, avec pour objectif de faire du site un modèle européen d’innovation énergétique et environnementale alors que Tenea Energies a annoncé la mise en service de son premier projet d’injection de biométhane en Bretagne.

Par Gaz d’aujourd’hui avec AFP

Face à la flambée de l’énergie, LFI veut imposer un gel des prix, le gouvernement ferme la porte

Alors que les tensions au Moyen-Orient ravivent la crainte d’une nouvelle flambée des prix de l’énergie, la députée de La France insoumise Aurélie Trouvé a déposé vendredi une proposition de loi visant à permettre le blocage temporaire des tarifs de l’électricité, du gaz et des carburants en cas de crise internationale majeure. Le texte prévoit qu’en cas de perturbation grave de la production ou de l’approvisionnement énergétique mondial, les prix de vente au détail puissent être gelés ou plafonnés pour une durée maximale de trois mois afin de protéger les ménages et l’économie française. L’élue juge les mécanismes actuels « insuffisants » face à des marchés capables de provoquer des hausses « rapides et massives », parfois déconnectées des coûts réels. Cette initiative intervient alors que le blocage du détroit d’Ormuz dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient fait grimper les prix à la pompe en France, une hausse confirmée par le ministre de l’Économie Roland Lescure. Sur le plan politique, le débat s’intensifie : la cheffe de file des députés du Rassemblement national Marine Le Pen plaide pour une baisse des taxes, une option rejetée par la ministre déléguée à l’Énergie Maud Bregeon, qui estime qu’elle creuserait de près de 20 milliards d’euros le budget de l’État.  Maud Bregeon a également écarté un gel des prix dans un entretien au JDD ce 8 mars, estimant que « ce qui compte pour contenir les prix, c’est le déblocage du détroit d’Ormuz ». Elle rappelle aussi que les crises énergétiques « n’ont jamais enrichi l’État » et que le bouclier tarifaire mis en place après la crise énergétique européenne de 2022 « a déjà coûté 72 milliards d’euros aux finances publiques », un dispositif jugé nécessaire à l’époque mais « qui ne peut pas devenir la norme. »

Le nouveau plan quinquennal chinois confirme un tournant économique… et climatique prudent

Dévoilé le 5 mars par l’Assemblée nationale populaire, le projet de 15ᵉ plan quinquennal chinois (2026-2030) trace les grandes orientations économiques et industrielles du pays pour la fin de la décennie. Avec un objectif de croissance du PIB fixé entre 4,5 % et 5 %, le plus faible depuis l’ère des réformes engagées par Deng Xiaoping, Pékin acte le ralentissement structurel de son économie. Dans ce document dominé par les priorités de souveraineté technologique et de puissance industrielle, le climat reste en retrait. L’objectif de réduction de l’intensité carbone n’atteint que 17 % d’ici 2030, insuffisant pour garantir l’engagement pris par la China dans le cadre de l’Paris Climate Agreement de réduire de plus de 65 % ses émissions par unité de PIB par rapport à 2005. En coulisses pourtant, deux dynamiques majeures émergent selon Li Shuo, directeur du Centre chinois sur le climat de l’Asia Society Policy Institute, cités par l’Institut français des relations internationales : « un possible plafonnement structurel des émissions », porté par le ralentissement économique et l’essor rapide des énergies renouvelables, et la « consolidation de l’hégémonie industrielle chinoise dans les technologies bas carbone. » Le pays produit déjà près de 80 % des panneaux solaires mondiaux et plus de 70 % des batteries pour véhicules électriques, position dominante qui pourrait encore s’affirmer dans les années à venir. Pour les économies occidentales, l’équation devient stratégique : concilier décarbonation rapide et réduction de la dépendance industrielle vis-à-vis de la Chine apparaît de plus en plus difficile.

SUEZ remporte un nouveau contrat stratégique : l’UVE de Valserhône vise le standard européen

Le Syndicat Intercommunal de VALORisation (SIVALOR) renouvelle sa confiance à SUEZ pour l’exploitation de l’Unité de Valorisation Énergétique (UVE) de Valserhône. Annoncé vendredi 6 mars 2026, ce contrat de dix ans, qui débutera en septembre 2027, marque un nouveau succès pour l’opérateur, déjà leader de la valorisation énergétique des déchets en France avec 34 installations. L’usine traite chaque année 125 000 tonnes de déchets ménagers et assimilés, transformés en près de 70 000 MWh d’électricité, et alimentera prochainement un réseau de chaleur urbain de 12 km fournissant plus de 17 000 MWh thermiques par an. SIVALOR – qui fédère neuf intercommunalités et 146 communes de l’Ain et de la Haute-Savoie, représentant plus de 434 000 habitants – et SUEZ ambitionnent désormais de faire du site une véritable « usine ressource » de référence européenne. Au programme : production accrue d’énergies renouvelables avec 4 500 m² de panneaux photovoltaïques, réduction de 75 % de la consommation d’eau potable grâce à la réutilisation des eaux pluviales, amélioration de la récupération des métaux non ferreux, et adaptation des installations aux effets du réchauffement du Rhône. Autant d’investissements destinés à renforcer simultanément la performance environnementale, énergétique et industrielle du site.

Tenea Energies injecte pour la première fois du biométhane en Bretagne

Le 19 février marque une étape clé pour Tenea Energies, qui a réalisé sa toute première injection de biométhane dans le réseau de gaz grâce à une unité de méthanisation développée en propre en Ille-et-Vilaine, en Bretagne. Issue de l’alliance entre Homea et Tenergie, l’entreprise, créée en 2021, confirme ainsi la montée en puissance de son modèle de méthanisation agricole « à la ferme », conçu autour de projets de taille moyenne portés par un petit nombre d’exploitants. Développée depuis 2024 avec un couple d’agriculteurs locaux, l’installation valorise effluents d’élevage et sous-produits végétaux afin de renforcer l’autonomie énergétique du territoire. Avec une capacité de production de 115 Nm³/h de biométhane, l’unité permettra de couvrir l’équivalent de la consommation moyenne de 2 000 foyers, contribuant à la décarbonation du mix gazier. Pour Tenea Energies, qui compte aujourd’hui 33 collaborateurs et plus de 70 projets en développement, cette première mise en service ouvre une nouvelle phase de croissance, avec deux chantiers en voie d’achèvement et douze autres à venir, dans l’objectif de s’imposer comme un acteur de référence de la méthanisation agricole en France.

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