Quatre infos à retenir à cette semaine

En bref...
20/09/2026
8 min
©Nicolas Economou/PHILIPPE MONTIGNY / Shutterstock

Emmanuel Macron a appelé à agir en priorité sur les causes de la hausse des prix et sur la sécurisation des approvisionnements avant d’élargir les dispositifs d’aide ; le prix moyen du gazole a atteint un nouveau record, proche de 2,41 euros le litre ; un nouveau décret durcit à partir de 2027 les conditions d’installation des équipements au gaz dans les bâtiments neufs ; enfin, Axéréal et Engie gaz renouvelables ont annoncé un partenariat de cinq ans visant à développer 500 GWh de capacités annuelles de méthanisation en Centre-Val de Loire.

Par Gaz d’aujourd’hui, avec AFP

Prix de l’énergie : Emmanuel Macron appelle à « traiter les causes » avant d’ouvrir davantage le robinet des aides

Face à la flambée des prix des carburants et de l’énergie, Emmanuel Macron veut privilégier la sécurisation des approvisionnements avant de multiplier les aides publiques. Vendredi 18 septembre, à l’issue d’une réunion à l’Élysée avec les principaux chefs de parti et candidats à la présidentielle, le chef de l’État a appelé à « traiter les causes » de la hausse des prix « avant de dépenser le maximum d’argent », au risque sinon d’alourdir encore le déficit ou les impôts. La présidence attribue la poussée actuelle des prix aux crises internationales, notamment à la guerre au Moyen-Orient et aux tensions sur les approvisionnements. L’exécutif concentre désormais ses efforts sur trois produits jugés prioritaires : diesel, carburant aérien et gaz, tout en visant un niveau de remplissage des stockages français de gaz de 80 % pour l’hiver. Emmanuel Macron a également annoncé la convocation prochaine d’une réunion du G7 sur l’énergie et indiqué qu’il saisirait Ursula von der Leyen pour accélérer les flexibilités européennes susceptibles d’agir sur les prix, les stocks et les capacités de raffinage. Sur le front intérieur, le gouvernement de Sébastien Lecornu doit prolonger jusqu’à la fin de l’année plusieurs aides ciblées destinées aux secteurs les plus touchés par la hausse des carburants. Mais l’opposition juge ces réponses insuffisantes : Jordan Bardella (RN) dénonce une absence de réponse sur le pouvoir d’achat, Raphaël Glucksmann (Place publique) réclame des « aides beaucoup plus massives » et Manuel Bompard (LFI) demande des mesures immédiates. Emmanuel Macron assume, lui, une ligne plus prudente sur la dépense publique : « Les mobilisations sociales sont toujours légitimes », a-t-il souligné, mais le gouvernement doit selon lui préserver sa capacité d’action budgétaire dans une crise dont l’origine est d’abord internationale.

Chauffage au gaz : le nouveau cadre français ravive le débat sur le biométhane dans le neuf

Le durcissement des règles françaises sur les équipements de chauffage dans les bâtiments neufs relance le débat sur la place du gaz vert et des solutions hybrides dans la décarbonation du bâtiment. Publié le 13 septembre, le décret n° 2026-863 fixe, à compter du 1er janvier 2027, un seuil maximal de 79 grammes de CO₂ équivalent par kWh d’énergie finale pour les équipements de chauffage, de refroidissement et de production d’eau chaude installés dans le neuf. Ce niveau écarte de fait les solutions fonctionnant au gaz naturel et plusieurs systèmes hybrides du marché de la construction neuve. Coénove, qui rassemble des acteurs de l’efficacité énergétique et de la filière gaz, conteste cette orientation et estime qu’elle ne distingue pas suffisamment le combustible fossile des équipements susceptibles d’être alimentés demain par du biométhane. L’association rappelle que la directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments impose le standard « zéro émission » à tous les bâtiments neufs à partir de 2030, contre 2028 pour ceux appartenant à des organismes publics. À l’échelle européenne, un bâtiment « zéro émission » ne doit plus générer d’émissions fossiles sur site et doit être alimenté par des sources d’énergie propres, notamment renouvelables. La France choisit donc d’appliquer son nouveau seuil trois ans avant l’échéance générale européenne, un calendrier que Coénove qualifie de « surtransposition ». Cette appréciation est celle de l’association : le décret français indique pour sa part qu’il transpose les articles 7 et 11 de la directive européenne de 2024. « Interdire dès aujourd’hui, dans le neuf, des équipements compatibles avec le biométhane et les solutions hybrides, c’est se priver de leviers de flexibilité et de décarbonation dont nous aurons besoin demain », estime Jean-Charles Colas-Roy, président de Coénove, qui redoute également un renchérissement des coûts dans un marché du logement neuf déjà sous tension.

Carburants : le gazole atteint un nouveau record à 2,41 euros le litre

Le prix du gazole a atteint dimanche un nouveau sommet en France, à près de 2,41 euros le litre en moyenne, selon une analyse de l’AFP à partir des données de plus de 8 700 stations-service publiées sur prix-carburants.gouv.fr. À 10h30, le litre s’affichait précisément à 2,4097 euros, dépassant le précédent record établi la veille. L’essence suit la même tendance : le SP95-E10, carburant essence le plus vendu, dépasse 2,17 euros le litre et évolue depuis plus de 10 jours au-dessus de son pic de 2022, tandis que le SP98 franchit 2,28 euros. Cette flambée, alimentée depuis fin février par la guerre en Iran et les perturbations des approvisionnements pétroliers, commence à nourrir les tensions sociales, avec notamment des blocages de dépôts par des pêcheurs en Méditerranée. Le gouvernement a déjà annoncé que l’aide ciblée sur les « gros rouleurs », qui devait prendre fin le 30 septembre, serait prolongée. Mais ses marges de manœuvre sont réduites par l’état des finances publiques : le déficit est attendu à 5,4 % du PIB en 2026, après 5,1 % en 2025. Une nouvelle poussée des prix à la pompe qui remet au premier plan la dépendance de la France aux hydrocarbures importés et le coût budgétaire des mesures destinées à amortir les chocs énergétiques.

Biométhane : Axéréal et Engie misent sur les retombées locales en Centre-Val de Loire

Axéréal et Engie gaz renouvelables veulent faire de la méthanisation un nouveau relais d’activité pour les exploitations agricoles du Centre-Val de Loire. Les deux groupes ont conclu un partenariat de cinq ans pour développer plusieurs unités représentant à terme 500 GWh de capacité annuelle, avec trois premiers projets déjà en pré-développement. L’enjeu est autant énergétique qu’économique : les installations doivent valoriser des cultures intermédiaires, des déchets et des résidus céréaliers produits localement, tout en générant des revenus complémentaires pour les agriculteurs coopérateurs. Selon les projets, ceux-ci pourront aussi bénéficier de mécanismes d’intéressement, voire entrer au capital des unités. Axéréal apportera son réseau d’adhérents et son expertise agronomique, tandis qu’Engie financera, construira et exploitera les sites jusqu’à l’injection du biométhane dans les réseaux. Le programme doit également favoriser le retour au sol de fertilisants organiques issus de la méthanisation. Pour Engie gaz renouvelables, qui dispose actuellement de 1,2 TWh de capacité installée par an, ce partenariat représente une hausse potentielle de près de 50 % de ses capacités. « Nous voulons développer des projets ancrés dans les territoires, utiles aux exploitations agricoles », souligne Pierre Chambon, directeur général d’Engie gaz renouvelables.

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