Quatre infos à retenir

En bref...
11/01/2026
7 min

En France, le pic de consommation lié au froid a rappelé le rôle central que joue le gaz lors des épisodes hivernaux, dont la puissance a atteint 127 GW le 6 janvier. La Commissions de régulation de l’énergie (CRE) rappelle dans un rapport les progrès notables réalisés sur les réseaux électriques intelligents mais note plusieurs défis à surmonter. À l’international, Washington assume une reprise en main durable du pétrole vénézuélien, soulignant le retour brutal de la géopolitique des hydrocarbures. En Europe enfin, malgré une production solaire record, la demande électrique reste atone et les prix demeurent volatils, posant avec acuité la question de la flexibilité et de la planification du système énergétique.

Par la rédaction de Gaz d’aujourd’hui

Vague de froid : le gaz atteint 127 GW de puissance le 6 janvier

En pleine vague de froid, le gaz joue un rôle crucial pour assurer l’approvisionnement énergétique de la France. Avec des températures glaciales qui frappent le pays, les besoins en chauffage explosent et le gaz devient plus que jamais essentiel pour garantir la stabilité du système énergétique. Ce 6 janvier, la puissance d’énergie fournie par le gaz a atteint un record de 125 GW, un niveau inégalé depuis trois ans, même si ce chiffre reste encore inférieur au pic historique de 158 GW enregistré en 2018. Ce chiffre souligne la résilience des infrastructures gazières qui assurent une fourniture continue et fiable d’énergie. En parallèle, la demande électrique a atteint 90 GW, un pic qui a nécessité une mobilisation des centrales à gaz pour compenser l’écart. Ces dernières ont fonctionné à plein régime pour fournir de l’électricité et des importations ont complété l’offre pour maintenir l’équilibre du réseau. « Dans ce contexte, les défis de la sécurité d’approvisionnement et de la flexibilité énergétique deviennent plus tangibles que jamais. Le gaz reste un pilier indispensable pour notre pays, capable de répondre aux tensions sur le système tout en offrant des solutions d’avenir avec le biométhane et l’hydrogène » rappelle Cécile Prévieu, directrice générale adjointe d’Engie en charge des activités infrastructures, sur le réseau social LinkedIn.

Les réseaux électriques intelligents : des progrès notables mais des défis à surmonter, selon la CRE

La Commission de régulation de l’énergie (CRE) publie son rapport 2026 sur la performance des gestionnaires de réseaux électriques. Si elle constate des avancées significatives, notamment dans le déploiement des technologies numériques, elle met en lumière plusieurs défis à relever. Les réseaux intelligents, levier essentiel pour la transition énergétique, permettent de réduire les délais de raccordement et génèrent des économies substantielles pour les consommateurs. En 2024, des solutions de raccordement optimisées pour l’intégration des énergies renouvelables et du stockage devraient réaliser 600 000 euros d’économies par MW. Cependant, la CRE déplore l’insuffisance des offres innovantes pour les infrastructures de recharge de véhicules électriques et les clients industriels, éléments clés de l’électrification des usages. La régulation des flexibilités – comme les batteries et les effacements – progresse, mais la CRE appelle à renforcer leur utilisation pour résoudre les congestions locales. Enfin, l’exploitation des données récoltées par les compteurs intelligents permet des économies significatives et de nouveaux services, mais nécessite une fiabilité accrue pour garantir une gestion optimale du réseau. Si la transformation est en marche, la CRE recommande de poursuivre les efforts pour surmonter les freins restants et accélérer la transition vers des réseaux pleinement intelligents.

Venezuela : Washington affiche sa mainmise durable sur le pétrole

Donald Trump assume une tutelle américaine appelée à durer sur le Venezuela et, surtout, sur son pétrole. Dans un entretien au New York Times, le président américain estime que le contrôle exercé par Washington pourrait se prolonger « bien plus longtemps » que quelques mois, alors que la Maison-Blanche affirme vouloir « dicter » les décisions de Caracas, notamment en matière de ventes de brut. Les États-Unis entendent superviser la commercialisation de 30 à 50 millions de barils, aux prix du marché, avec des recettes contrôlées par l’administration américaine et réinjectées dans l’économie vénézuélienne via des achats de produits américains. Fort de 303 milliards de barils de réserves prouvées, mais limité à une production d’environ un million de barils par jour, le pays devient un enjeu central de la stratégie énergétique américaine. Washington prépare déjà le retour des majors, Donald Trump devant recevoir les dirigeants de grands groupes pétroliers, tandis que Marco Rubio, secrétaire d’État, évoque un plan en trois étapes allant de la stabilisation à une transition politique encore floue. Cette reprise en main, qui s’inscrit dans un contexte géopolitique tendu, souligne pour l’Europe et la France l’urgence de réduire une dépendance aux importations fossiles qui demeure massive, au moment où les hydrocarbures restent un instrument clé de puissance et de rivalités internationales.

Solaire en plein essor, demande en berne : le paradoxe électrique européen

L’année 2025 marque un tournant pour le secteur de l’électricité en Europe, avec des progrès notables vers la décarbonation, mais aussi de nouveaux défis économiques à surmonter. En atteignant environ 45 % des émissions de 1990, le secteur a franchi un cap décisif, témoignant de trois décennies de réduction continue des émissions. Pourtant, l’objectif des 50 % d’énergie renouvelable dans le mix de l’UE semble de plus en plus difficile à atteindre, montrant que l’équilibre entre croissance verte rapide, stabilité du marché et reprise de la demande reste fragile. Le véritable moteur de cette évolution positive est le solaire, dont la production a atteint un record de 340 TWh, représentant désormais 12,5 % de la production totale d’électricité de l’UE. Cette performance exceptionnelle, qui a permis une hausse de 60 TWh par rapport à l’année précédente, a compensé les baisses de production d’hydroélectricité (- 13 %) et d’éolien (- 4 %). En parallèle, l’énergie nucléaire, stable autour de 24 %, a continué à assurer une production de base fiable, tandis que l’utilisation des combustibles fossiles a été contenue grâce à l’essor du solaire. Cependant, malgré cette avancée, la volatilité des prix de l’électricité demeure une réalité marquante. En 2025, le prix moyen de l’électricité sur le marché de gros a été de 88 euros le MWh, inférieur à 2023, mais légèrement plus élevé que l’année précédente. Cette volatilité s’est traduite par des pics de prix importants dans près de 9,3 % des heures et des prix négatifs dans 3,3 % des heures, soulignant la nécessité impérieuse de renforcer la flexibilité du système électrique européen. Un autre point faible persiste : la demande d’électricité, qui reste inférieure de 7 % aux niveaux de 2021. Bien que la consommation soit restée stable par rapport à 2024, elle ne reflète qu’une reprise industrielle inégale à travers les pays et des gains d’efficacité continus. Cette stagnation de la demande met en lumière l’urgence d’accélérer l’électrification des secteurs clés et d’améliorer la flexibilité du réseau pour garantir la compétitivité de l’Europe à long terme.

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