Maud Bregeon, nouvelle ministre de l’Énergie : un profil politique au service de la souveraineté énergétique

Gouvernance
27/02/2026
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La députée Renaissance des Hauts-de-Seine  et porte-parole du gouvernement Maud Bregeon vient d’être nommée ministre déléguée chargée de l’Énergie dans le cadre du mini remaniement gouvernemental annoncé ce 26 février 2026. Cette nomination marque une nouvelle étape dans l’ascension rapide de cette figure montante de la majorité présidentielle, désormais chargée d’un portefeuille stratégique dans un contexte de transition énergétique et de tensions sur l’approvisionnement.

Par Laura Icart 

À 33 ans, Maud Bregon, présente dans le Jura au côté du Premier ministre Sébastien Lecornu le 12 février, accède à un portefeuille stratégique, au croisement de trois tensions majeures : transition écologique, souveraineté industrielle et acceptabilité sociale. « Honorée de prendre en charge cet enjeu crucial de souveraineté qu’est l’énergie et qui a structuré mon parcours, aux côtés de Roland Lescure » a déclaré la nouvelle ministre déléguée sur le réseau X.

Une ingénieure devenue voix de l’industrie

Ingénieure passée par Polytech Nantes, Maud Bregeon s’est d’abord construite dans le secteur de l’énergie, notamment chez EDF, au sein de la filière nucléaire. Diplômée en 2014, elle rejoint le groupe EDF, où elle entame une carrière de près de huit ans au sein de la filière nucléaire. Elle y occupe des fonctions liées à la gestion de crises, au suivi de contrats de maintenance et à la sécurité des installations, des missions sensibles au cœur du fonctionnement des infrastructures énergétiques françaises. Au fil de ces années, elle développe une solide expérience opérationnelle dans un secteur stratégique. Une expertise qui contribuera par la suite à structurer ses positions sur les enjeux énergétiques, une fois engagée en politique. À l’Assemblée, elle s’est illustrée dans les débats sur la souveraineté économique, la réindustrialisation et la transition énergétique. En 2023, en devenant rapporteure du projet de loi de relance du nucléaire, elle confiait au Parisien : « C’est l’aboutissement de 10 ans de travail professionnel et politique. »

Une ascension rapide en Macronie

En novembre 2020, Maud Bregeon devient porte-parole de La République en marche aux côtés de Prisca Thevenot, accédant ainsi à une première exposition médiatique nationale. Elle franchit un nouveau cap en juin 2022 en étant élue députée dans la 13e circonscription des Hauts-de-Seine sous la bannière Ensemble. À l’Assemblée nationale, elle rejoint la commission des affaires économiques, où elle travaille notamment sur le volet « souveraineté énergétique » du projet de loi sur le pouvoir d’achat. En 2023, elle est désignée rapporteure d’un texte visant à accélérer la construction de nouvelles installations nucléaires, défendant à cette occasion plusieurs mesures sensibles, dont la suppression de l’objectif de 50 % de nucléaire dans le mix énergétique et la fusion de l’Autorité de sûreté nucléaire avec l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, affirmant ainsi un positionnement assumé en faveur du nucléaire au nom de la souveraineté énergétique. Sa doctrine : développer toutes les énergies bas carbone sans les opposer. « Opposer nucléaire et renouvelables est un débat absurde », écrivait-elle récemment, rappelant que 60 % de l’énergie consommée en France provient encore des énergies fossiles importées.

La nouvelle ministre de l’énergie qui conserve le porte-parolat sera très vite dans le bain. En effet, le gouvernement a annoncé un grand plan d’électrification au printemps qu’elle devrait selon toute vraisemblance piloter.

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