Ma prime rénov’ : les petits travaux s’effondrent, les rénovations globales explosent

Rénovation énergétique
18/08/2026
5 min

Les Français changent de stratégie pour rénover leur logement. Selon deux études publiées le 24 juillet par le service des données et études statistiques (SDES), les rénovations “par geste” ont chuté de moitié en 2024, tandis que les rénovations d’ampleur ont bondi de 28 %. Une conséquence directe de la réforme de Ma prime rénov’.

Par Gaz d’aujourd’hui 

Après plusieurs années où les aides finançaient principalement un changement de chaudière, une pompe à chaleur ou quelques travaux d’isolation, la politique publique pousse désormais les propriétaires vers des rénovations globales. Et les chiffres montrent que cette stratégie commence à produire ses effets. En 2024, 271 000 dossiers de rénovation “par geste” ont été déposés, soit 54 % de moins qu’en 2023. Seuls 246 000 dossiers ont été soldés, concernant environ 241 000 logements. Cette chute s’explique notamment par le durcissement des règles d’attribution entre janvier et mai 2024, période durant laquelle les aides ont été recentrées sur les rénovations les plus performantes. 

Les rénovations globales prennent le relais

À l’inverse, les rénovations dites “d’ampleur” connaissent une forte progression. En 2024, 91 900 logements ont engagé une rénovation globale avec le soutien de l’Anah, soit 28 % de plus qu’en 2023. L’État a consacré 2,4 milliards d’euros à ces opérations, qui combinent généralement isolation, chauffage, ventilation et production d’eau chaude. Cette montée en puissance traduit la volonté du gouvernement de privilégier des travaux permettant de transformer réellement la performance énergétique des logements plutôt que de financer des interventions isolées.

Les passoires thermiques dans le viseur

La nouvelle politique cible clairement les logements les plus énergivores. Plus d’un logement rénové sur deux (51 %) était une passoire thermique classée F ou G au diagnostic de performance énergétique (DPE), soit 46 800 logements. Pour les bénéficiaires de Ma prime rénov’ ampleur, cette proportion grimpe même à 74 %. Selon les audits réalisés avant les travaux, la quasi-totalité de ces logements devrait sortir du statut de passoire énergétique après rénovation. Autre évolution marquante : 51 % des rénovations d’ampleur permettent désormais un gain d’au moins trois classes de DPE, contre seulement 23 % en 2023. « Une progression spectaculaire qui témoigne de travaux beaucoup plus ambitieux », indique dans sa note le SDES.

Des économies d’énergie bien supérieures

Si les rénovations par geste restent nombreuses, leur impact énergétique est limité. Les travaux financés via Ma prime rénov’ “par geste” génèrent en moyenne 5,9 MWh d’économies d’énergie par logement et par an, pour un total de 1,4 TWh économisés à l’échelle nationale. Ils permettent également d’éviter 0,6 million de tonnes de CO₂ chaque année. Les rénovations d’ampleur affichent des performances bien supérieures : 17,1 MWh économisés par logement en moyenne, soit près de trois fois plus. Pour les ménages bénéficiant de Ma prime rénov’ ampleur, les gains atteignent même 23,9 MWh pour les ménages modestes et 30,1 MWh pour les plus aisés. Les émissions de gaz à effet de serre diminuent de 3,5 tonnes de CO₂ par logement rénové. 

Les pompes à chaleur, « championne de l’efficacité »

Dans les rénovations par geste, les pompes à chaleur « demeurent le levier le plus efficace ». Elles ne représentent que 23 % des travaux financés, mais concentrent 65 % des économies d’énergie et 53 % des réductions d’émissions de CO₂. À l’inverse, les poêles à bois sont les travaux les plus fréquents mais offrent un gain énergétique plus limité. 

Des travaux plus chers… mais davantage aidés

Les rénovations globales nécessitent un investissement conséquent. Avant aides, le coût moyen atteint 53 000 euros pour un ménage modeste et 60 000 euros pour un ménage plus aisé. En contrepartie, la prise en charge publique a fortement augmenté : l’Anah finance désormais en moyenne 77 % du coût des travaux pour les ménages modestes, contre environ 50 % les années précédentes. Pour les rénovations par geste, le coût moyen est beaucoup plus faible, 10 250 euros, avec une prise en charge moyenne de 36 % lorsque l’ensemble des aides est pris en compte (Ma prime rénov’ et certificats d’économie d’énergie notamment). 

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