L’Europe centrale, « grande perdante » du nouveau système gazier européen

Marchés gaziers
19/04/2026
8 min
Entre 2021 et 2023, les importations de gaz russe ont chuté de 116 milliards de mètres cubes, passant de 142 à 26 milliards de m³, puis à 17 milliards en 2025 après l’arrêt du transit via l’Ukraine. ©Shutterstock

La chute spectaculaire des livraisons de gaz russe par pipeline entre 2022 et fin 2024 n’a pas provoqué l’effondrement redouté du marché gazier européen. L’Europe a absorbé le choc grâce à deux amortisseurs : une baisse de la demande et une envolée des importations de GNL. Mais derrière cette résilience apparente, une fracture énergétique se creuse : la fin du transit russe a déplacé le centre de gravité énergétique de l’Europe et pénalise désormais structurellement les pays enclavés d’Europe centrale selon une étude de l’Oxford Institute for Energy Studies (OIES) publiée le 16 avril.

Par Laura Icart

Entre avril 2022 et décembre 2024, l’Europe a connu l’un des plus grands bouleversements énergétiques de son histoire récente. En l’espace de moins de trois ans, les flux de gaz russe acheminés par gazoducs vers l’Union européenne se sont quasiment évaporés, mettant fin à un modèle logistique vieux de plus de 60 ans. « Le marché européen a certes réussi à maintenir son équilibre, mais au prix d’une transformation radicale de sa géographie gazière et de son architecture tarifaire » indique l’étude consacrée à l’impact de l’évolution des flux de gaz sur les écarts de prix des hubs en Europe centrale de l’Oxford Institute for Energy Studies (OIES). Et ce sont les pays d’Europe centrale — Autriche, Slovaquie et République tchèque — qui en subissent aujourd’hui les...

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