L’efficacité énergétique progresse dans l’économie européenne

Consommation
14/02/2026
4 min
En 2023, l’UE a consommé 56,1 millions de térajoules d’énergie (–4,1 % sur un an), dont 72,3 % pour les activités productives. L’industrie manufacturière reste le premier poste (25,5 %), devant l’énergie (17,9 %) et le transport (12,3 %). ©Shutterstock

La consommation énergétique intérieure nette de l’économie de l’Union européenne a reculé de 4,1 % en 2023 pour s’établir à 56,1 millions de térajoules. Derrière ce chiffre, publié ce 10 février par Eurostat, se dessine une dynamique contrastée : les gains d’efficacité énergétique se poursuivent à l’échelle macroéconomique, mais certains secteurs stratégiques restent fortement dépendants de l’énergie.

Par Gaz d’aujourd’hui

L’efficacité énergétique progresse dans l’économie européenne malgré des tensions sectorielles. Les entreprises et les administrations publiques ont représenté 72,3 % de cette consommation, le solde revenant aux ménages (27,7 %). La production industrielle demeure le premier poste énergétique du continent : le secteur manufacturier concentre à lui seul 25,5 % de l’énergie utilisée, devant la fourniture d’électricité, de gaz, de vapeur et de climatisation (17,9 %), puis le transport et le stockage (12,3 %).

Industrie en retrait, transport en reprise

L’année 2023 marque un net recul de la consommation dans les secteurs intensifs en énergie. Les activités liées à la production et à la distribution d’électricité et de chaleur affichent la baisse la plus marquée (- 8,7 %), suivies par l’industrie manufacturière (- 5,5 %). À contre-courant, le transport et le stockage progressent de 8,1 %, reflet d’un rebond de l’activité logistique et de la mobilité. Sur une décennie, la trajectoire européenne reste favorable. Entre 2014 et 2023, la consommation énergétique nette a diminué d’environ 5 millions de térajoules tandis que la valeur ajoutée brute a progressé de 2 000 milliards d’euros. Résultat : l’intensité énergétique de l’économie européenne s’est contractée de 25 %, signe d’un découplage progressif entre croissance et usage de l’énergie. Cette évolution masque toutefois de fortes disparités nationales. Certains pays ont accéléré leur efficacité énergétique dans la production, tandis que d’autres affichent encore une intensification de leur usage de l’énergie, traduisant des différences de structure industrielle et de trajectoires d’investissement.

Deux pôles énergivores

Deux grands blocs concentrent près de la moitié de la consommation énergétique européenne tout en générant moins d’un cinquième du PIB : l’industrie manufacturière et la production d’énergie. Au sein de l’industrie, la chimie, la métallurgie de base et le raffinage restent les branches les plus énergivores, en raison de processus thermiques lourds et continus. La baisse enregistrée depuis 10 ans dans ces segments reflète à la fois des gains d’efficacité technologique, des arbitrages de production et une montée en puissance de politiques climatiques incitatives. Elle s’inscrit dans un mouvement plus large de modernisation industrielle, où la compétitivité passe de plus en plus par la sobriété énergétique.

Les ménages, un quart de la consommation

Avec 15,6 millions de térajoules consommés en 2023, les ménages pèsent environ 28 % du total européen. Plus de la moitié de cette énergie est dédiée au chauffage et à la climatisation, devant les transports privés. Sur 10 ans, la consommation domestique reste globalement stable, malgré le choc de 2020, ce qui traduit des progrès lents mais continus en matière d’isolation, d’équipements et de comportements.

La tendance générale confirme une amélioration structurelle de l’efficacité énergétique européenne. Toutefois, la reprise du transport, la persistance de secteurs industriels lourds et les écarts nationaux rappellent que la transition reste incomplète. Pour les décideurs économiques, « l’enjeu dépasse la seule réduction de la consommation » rappelle Eurostat, évoquant un triptyque : sécuriser l’approvisionnement, contenir les coûts tout en maintenant la compétitivité industrielle.

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