» Le vrai sujet c’est de baisser les coûts, pas de se livrer à un combat vain entre renouvelables et nucléaire »

Entretien
29/09/2026
14 min

Ancienne ministre de la Transition énergétique, aujourd’hui députée EPR du Pas-de-Calais et co-directrice du programme du candidat Renaissance à la présidentielle Gabriel Attal, Agnès Pannier-Runacher revient pour Gaz d’aujourd’hui sur les ambitions et moyens qui seront mobilisés par l’ancien Premier ministre pour accompagner la transition énergétique en cas de victoire en mai prochain.

Propos recueillis par Laura Icart 

Vous employez beaucoup l’expression « neutralité technologique ». Qu’est-ce qui est vraiment important derrière ce principe ?

C’est un principe d’action très fort. Plutôt que de se livrer à un combat vain entre renouvelables et nucléaire, le vrai sujet c’est de baisser les coûts et de regarder chaque type de production pour ses mérites propres : combien ça coûte à produire, combien ça émet de carbone et quelles sont les retombées économiques pour le pays quand on fait un projet. Chaque projet doit apporter un triple dividende : un coût compétitif, des emplois en France et une baisse des émissions de CO₂. Le meilleur mix énergétique est composé de différentes technologies, dont on sélectionne les meilleurs projets car tous les projets ne se valent pas : on peut produire avec des écarts de coûts de un à cinq sur un projet photovoltaïque. De même, vous ne pouvez pas proposer une installation très loin du réseau et exiger ensuite que l’État finance sans discuter tout ou partie du raccordement. À l’inverse, sélectionner les meilleurs projets de chaque technologie permet de faire baisser les prix, de renforcer les filières et de mieux nous protéger environnementalement. Pour le dire simplement, nous voulons produire davantage, plus vite et moins cher.

Dans son plan Mesmer II présenté mercredi, Gabriel Attal évoque un objectif de + 10 % de consommation d’électricité en 2028 ?

Aujourd’hui, nous produisons autour de 550 TWh d’électricité et nous en consommons presque de 100 de moins. L’objectif serait d'augmenter de 50 TWh notre consommation électrique pour remplacer une partie du gaz et du pétrole que nous importons. Quand on substitue de l’électricité aux carburants, on baisse la facture d’énergie des ménages et on améliore directement leur pouvoir d’achat. Autre point important : Gabriel Attal s’est engagé pour les cinq prochaines années à ne pas augmenter la fiscalité de l’électricité. Et si nous avons de la...

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