La filière gaz, chaleur et services énergétiques en quête de talents

Emplois
10/12/2025
4 min
En 2025, le secteur emploie 237 846 salariés dont 20 % de femmes et 13 % de plus de 55 ans. Plus de 57% travaillent dans ta PME/TPE et plus de 76% des salariés travaillent dans les services énergétiques, équipements & installations. ©Shutterstock

La filière gaz, chaleur et services énergétiques, via plusieurs organisations professionnelles, a dévoilé en novembre de nouveaux chiffres issus d’une étude prospective Fedene, France gaz et KYU. 

Par la rédaction de Gaz d’aujourd’hui 

Le portail « Compétences énergies », soutenu par l’OPCO 2i, fait peau neuve, avec un objectif clair : mieux orienter étudiants, actifs en reconversion et demandeurs d’emploi, à travers une cartographie inédite des formations et une mise en relation directe avec les entreprises. Car la filière gaz, chaleur et services énergétiques, qui représente aujourd’hui plus de 237 000 emplois dans la production de chaleur, les réseaux de gaz, la maintenance énergétique, l’efficacité des bâtiments, cherche de nouveaux talents.

Des ambitions revues à la baisse à l’horizon 2030

Selon la mise à jour de l’étude prospective des métiers et des compétences qui, pour rappel, doit « aider la filière à promouvoir ses métiers, adapter ses formations et mettre en place des parcours de reconversion afin de répondre aux besoins territoriaux de ses entreprises » expliquent France gaz et la Fedene, le nombre d’emplois atteindrait 259 000 en 2030, soit une croissance de +10 % en cinq ans. En 2022, les scénarios prospectifs — bâtis sur un rythme d’investissements massifs dans les réseaux de chaleur, la méthanisation et l’efficacité énergétique — projetaient une dynamique plus soutenue. Plusieurs hypothèses portaient l’emploi à + 15 voire + 20 % à horizon 2030. Le nouvel exercice, appuyé sur des indicateurs consolidés de terrain, corrige ces ambitions à la baisse. Les auteurs du rapport pointent plusieurs freins : un déploiement moins rapide que prévu des réseaux de chaleur, un ralentissement des investissements dans le gaz renouvelable et un marché du bâtiment fragilisé, donc moins de projets à engager et une filière composée à 91 % de TPE, avec une capacité de recrutement limitée.

Deux scénarios ont été étudiés : un scénario central et un scénario bas. Le scénario central, retenu comme le plus probable, table sur une croissance modérée des métiers. Les besoins restent importants… mais les entreprises ne parviennent pas à suivre la cadence. Un chiffre illustre le problème : seulement 6 % d’alternants dans les effectifs. Trop peu pour former suffisamment de techniciens dans les délais. Autre signal préoccupant : 13 % des salariés ont plus de 55 ans. Les départs en retraite risquent d’amplifier l’hémorragie. L’étude rappelle aussi que le scénario le plus pessimiste — considéré comme théorique il y a trois ans — est désormais crédible. Il prévoit peu ou pas de croissance de l’emploi, voire un léger recul dans certaines activités. Les métiers menacés par ce frein ? La maintenance énergétique, l’exploitation des réseaux thermiques et le gaz renouvelable, pourtant essentiels pour atteindre les objectifs climatiques. Les organisations professionnelles ne mâchent pas leurs mots : si la situation perdure, « la transition énergétique pourrait être ralentie faute de main-d’œuvre qualifiée ».

Une solution : former massivement et tout de suite

Pour dépasser ces blocages, l’étude prône trois leviers : tripler l’alternance d’ici 2030, faciliter les reconversions rapides grâce à des modules certifiants et mieux orienter les publics. Les enquêtes qualitatives conduites par KYU soulignent la difficulté d’attirer des jeunes sur des postes perçus comme physiques, exigeants, souvent peu connus et insuffisamment valorisés. Néanmoins, les organisations se montrent optimistes : la nouvelle dynamique impulsée par « Compétences énergies », l’initiative récente Job Direct et la communication renforcée auprès des territoires pourrait améliorer l’attractivité des métiers et ouvrir la voie à une révision positive des projections dès 2026.

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