Industrie : la décarbonation sous contrainte, l’État contre-attaque

Industrie
13/02/2026
8 min
Depuis 1990, l’industrie française a réduit ses émissions de gaz à effet de serre de 55 %, contribuant à 44 % de la baisse nationale totale sur la période. ©Shutterstock

Hausse du prix du carbone. Volatilité du gaz. Concurrence asiatique agressive. Tensions géopolitiques sur l’énergie. C’est dans ce contexte électrique que l’État a dévoilé le 13 février les premiers résultats de l’appel d’offres « Grands projets industriels de décarbonation ». Car si les annonces se sont multipliées ces derniers jours, elles ne sauraient masquer une réalité bien visible : l’industrie française comme l’industrie européenne sont en souffrance.

Par Laura Icart

1,6 milliard d’euros engagés. 3,8 millions de tonnes de CO₂ évitées chaque année. 22 euros la tonne abattue. Avec les premiers résultats de l’appel d’offres « Grands projets industriels de décarbonation » (AO GPID), l’exécutif espère franchir un cap et convaincre les industriels de s’engager plus massivement dans la réduction de leurs émissions. « La décarbonation de l’industrie française n’est pas une option, c’est une nécessité stratégique », affirme Roland Lescure, ministre de l’Économie, des finances et de la souveraineté industrielle. Le gouvernement affirme avoir engager une « mécanique budgétaire et contractuelle inédite », pensée pour déclencher les investissements lourds que les industriels hésitent encore à engager seuls.

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