Gaz : le prix de référence augmentera de 7,4 % au 1er juillet sous l’effet des tensions géopolitiques

Facture énergétique
10/06/2026
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Après une accalmie au printemps, les factures de gaz repartent à la hausse. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a annoncé mercredi que son prix repère de vente du gaz naturel (PRVG) augmentera de 7,4 % TTC au 1er juillet, passant de 152,86 euros à 164,21 euros par mégawattheure.

Par Gaz d’aujourd’hui, avec AFP

Pour les quelque 6 millions de ménages ayant souscrit une offre indexée sur ce prix de référence, soit environ 60 % des abonnés résidentiels au gaz, l’impact est estimé à 2,7 euros TTC supplémentaires sur la facture du mois de juillet. Cette hausse marque un retournement après la baisse de 4,8 % enregistrée en juin. Surtout, elle porte le prix repère à un niveau 18 % supérieur à celui d’avril, avant que les marchés de l’énergie ne soient secoués par les nouvelles tensions géopolitiques au Moyen-Orient.

La guerre au Moyen-Orient se répercute sur les marchés européens

Même si le gaz consommé en France ne provient pas directement de la zone de conflit, les marchés européens restent très sensibles aux perturbations internationales. La CRE souligne une augmentation des coûts d’approvisionnement, calculés à partir des cotations du gaz sur la plateforme européenne EEX. Le prix repère repose en effet à 80 % sur l’indice mensuel “month ahead” et à 20 % sur l’indice trimestriel “quarter ahead”, tous deux alimentés par les anticipations des opérateurs de marché. Selon le régulateur, les cours observés entre le 1er et le 31 mai ont intégré les inquiétudes liées à la guerre au Moyen-Orient, faisant remonter les prix du gaz et du pétrole. Un phénomène qui se transmet mécaniquement aux offres indexées proposées aux particuliers.

Les coûts de la transition énergétique pèsent davantage

Au-delà de la seule évolution des marchés, la facture est également tirée vers le haut par l’augmentation des coûts supportés par les fournisseurs. La CRE mentionne notamment la progression du coût des certificats d’économie d’énergie (CEE), un dispositif central de financement de la rénovation énergétique, ainsi que des charges commerciales et des mécanismes de soutien à la production de biogaz. Ces composantes, moins visibles pour les consommateurs, prennent une place croissante dans le prix final du gaz. Elles illustrent l’un des paradoxes de la transition énergétique : une partie de son financement est répercutée sur les factures des ménages.

Hausse des tarifs de réseau : tous les abonnés concernés

L’autre moteur de l’augmentation réside dans les coûts d’acheminement. Au 1er juillet, les tarifs de distribution du gaz progresseront de 5,87 %, conformément à la décision de la CRE relative à l’évolution annuelle de l’ATRD, le tarif d’accès aux réseaux de distribution. Cette hausse est renforcée par l’entrée en vigueur de la nouvelle péréquation gazière nationale. Contrairement à la composante fourniture, cette évolution concerne l’ensemble des consommateurs, y compris ceux ayant opté pour une offre à prix fixe. « Les ménages qui ont souscrit une offre à prix fixe se verront également appliquer l’évolution de la part acheminement », rappelle le régulateur. Pour ces clients, qui représentent environ 40 % des consommateurs résidentiels, l’impact est évalué à environ 1,5 % de hausse moyenne sur la facture.

Le prix repère, nouvelle boussole du marché

Depuis la disparition des tarifs réglementés du gaz le 1er juillet 2023, le prix repère publié chaque mois par la CRE constitue l’indicateur de référence du marché. Ce prix n’est pas une offre commerciale à laquelle les consommateurs peuvent souscrire. Il sert en revanche de point de comparaison pour évaluer les propositions des fournisseurs et demeure la référence d’indexation d’une grande partie des contrats. À la fin de l’année 2025, la France comptait 10,34 millions de ménages détenteurs d’un contrat de gaz naturel.

Dans un contexte marqué par la volatilité persistante des marchés énergétiques, la hausse annoncée rappelle que le gaz reste particulièrement exposé aux soubresauts géopolitiques internationaux. Trois ans après la fin des tarifs réglementés, les consommateurs français continuent ainsi de subir, directement ou indirectement, les tensions qui traversent le marché mondial de l’énergie.

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