Éolien et solaire : la dynamique mondiale marque le pas

International
11/02/2026
5 min
En 2025, le portefeuille mondial de projets éoliens et solaires atteint près de 4,9 térawatts, en hausse de 11 % sur un an (contre 22 % en 2024). Mais près de 40 % des projets planifiés dans le monde accusent des retards, sont suspendus ou abandonnés, compromettant l’objectif de triplement des renouvelables d’ici 2030. ©shutterstock

La dynamique mondiale des projets éoliens et solaires a marqué le pas en 2025, à cinq ans de l’échéance de 2030, selon une étude publiée le 10 février par Global Energy Monitor (GEM), faisant planer le doute sur la capacité des États à tenir leur engagement de tripler les capacités renouvelables d’ici à 2030. D’après les données compilées par l’ONG, les annonces et mises en chantier de projets éoliens et solaires à grande échelle ont progressé de 11 % l’an dernier, contre 22 % en 2024. Le pipeline mondial atteint désormais près de 5 térawatts (TW), contre 4,4 TW un an plus tôt. Un volume inédit, mais dont la croissance ralentit à mesure que s’approche l’échéance fixée lors de la COP28.

Par Gaz d’aujourd’hui, avec AFP

La hausse du nombre de projets solaires et éoliens planifiés ou en cours de construction dans le monde a ralenti l’année dernière, indique une étude publiée le 10 février, mettant en doute l’aptitude des pays à atteindre l’objectif de tripler leurs capacités en énergies renouvelables d’ici 2030. Les annonces et les mises en chantier de nouveaux projets éoliens et solaires ont augmenté de seulement 11 % en 2025, contre 22 % l’année précédente, selon le Global Energy Monitor (GEM).

Un ralentissement plus marqué dans l’éolien

Dans le détail, le solaire à grande échelle a tiré l’expansion, avec une hausse de 17 % de son portefeuille de projets, qui dépasse 2,2 TW. L’éolien, en revanche, n’a progressé que de 7 % et enregistre un net décrochage par rapport à l’année précédente. « Les constructeurs éoliens ont été confrontés à des obstacles politiques et à une série d’échecs sur les enchères dans les pays riches », explique Diren Kocakusak, chercheur chez GEM. Aux États-Unis, les positions hostiles du président Donald Trump à l’égard des renouvelables ont notamment pesé sur certains projets. Mais, souligne l’étude, le ralentissement ne saurait être imputé à un seul pays. Plus préoccupant encore : même si tous les projets actuellement prévus d’ici 2030 étaient menés à terme, le monde resterait en deçà de l’objectif de triplement, avec un déficit estimé à 1 TW pour l’éolien et 1,6 TW pour le solaire à grande échelle. Près de 40 % des projets planifiés accusent par ailleurs des retards, sont suspendus ou abandonnés.

Le centre de gravité se déplace vers les émergents

L’étude met en lumière un basculement géographique. Les pays du G7, qui concentrent environ la moitié de la richesse mondiale, ne représentent que 11 % des capacités éoliennes et solaires en développement. Leur pipeline stagne autour de 520 gigawatts depuis 2023. La Chine, à elle seule, concentre plus de 1,5 TW de capacités en projet, soit un tiers de la croissance mondiale en 2025. Son parc opérationnel combiné – éolien et solaire, y compris photovoltaïque distribué – a dépassé 1,6 TW l’an dernier, soit trois fois plus que celui de ses plus proches poursuivants, les États-Unis et l’Inde réunis. Au total, 758 GW de projets sont actuellement en construction dans le monde, dont les trois quarts en Chine et en Inde.

Le rôle décisif du solaire distribué

Au-delà des centrales à grande échelle, le solaire distribué – installations résidentielles et commerciales – joue un rôle déterminant. Il représente environ 42 % des capacités solaires existantes ou planifiées à l’échelle mondiale. Près de 900 GW sont déjà en service dans 31 pays, mais cette capacité reste très concentrée : les 10 premiers pays totalisent 90 % du parc recensé. La Chine domine largement, avec 489 GW, loin devant l’Allemagne (69 GW). Dans plusieurs pays européens, le solaire distribué constitue désormais la majorité des capacités solaires installées – environ 57 % en France, 68 % en Allemagne et 86 % en Italie –, reflet d’un essor porté par la hausse des prix de l’électricité et les dispositifs de soutien.

Une course contre la montre

Pour atteindre l’objectif fixé en 2023, l’Agence internationale pour les énergies renouvelables estime qu’il faudrait installer en moyenne 317 GW d’éolien et 735 GW de solaire par an d’ici à 2030. Or, les projections de l’Agence internationale de l’énergie et de BloombergNEF suggèrent un possible plateau des capacités à l’horizon de la fin de la décennie. « La dynamique semble ralentir, mais cela n’est pas dû à un manque de potentiel », estime Diren Kocakusak, qui juge qu’il reste « suffisamment de temps » pour accélérer, à condition de lever les freins politiques et financiers.

À cinq ans de l’échéance, la trajectoire dépendra donc moins des annonces que de la capacité des États à sécuriser les financements, simplifier les procédures et renforcer les réseaux électriques. Faute de quoi, l’objectif de triplement pourrait rester un engagement de plus, inscrit dans les déclarations internationales mais hors d’atteinte dans les faits.

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