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EN BREF...
18/10/2026
7 min

Le G7 mobilise 2,5 milliards de dollars pour prévenir une nouvelle crise alimentaire dans 44 pays vulnérables ; Carbon Impact veut structurer une filière française du captage et du stockage du CO₂ biogénique, avec un marché potentiel de 3 milliards d’euros par an ; l’État et les industriels des déchets lancent 10 projets pour accélérer l’économie circulaire dans un secteur pesant 31 milliards d’euros de chiffre d’affaires ; enfin, les Pays-Bas misent sur l’éolien offshore et le stockage pour porter la part des renouvelables à plus de 80 % de leurs capacités électriques d’ici 2035.

Par Gaz d’aujourd’hui, avec AFP

Le G7 mobilise 2,5 milliards de dollars face au risque d’une nouvelle crise alimentaire

Le G7 veut prévenir une nouvelle onde de choc alimentaire dans les économies les plus vulnérables. Réunis à Bangkok en marge des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, les ministres des Finances des sept grandes puissances se sont engagés à mobiliser collectivement 2,5 milliards de dollars pour soutenir les pays menacés d’insécurité alimentaire, avec une priorité donnée à l’accès aux engrais. « Le G7 s’est montré très attentif aux maillons les plus fragiles de la situation mondiale actuelle, les pays pauvres », a déclaré Roland Lescure, ministre français de l’Économie et des finances. La Banque mondiale a identifié 44 pays susceptibles de connaître des difficultés de sécurité alimentaire, alors que la flambée des hydrocarbures depuis le printemps a renchéri à la fois les engrais, les carburants et les coûts de production agricole. Sous présidence française, le G7 cherche ainsi à contenir les effets économiques et sociaux d’une crise énergétique qui menace de se transmettre aux prix alimentaires mondiaux. Les discussions ont également porté sur l’Ukraine : les membres du G7 ont déjà mobilisé ou sont en passe de mobiliser 260 millions d’euros pour la restauration de l’arche de confinement de Tchernobyl, endommagée en 2025, sur un besoin total estimé à 500 millions d’euros. Une conférence des donateurs est prévue le 9 novembre à Paris pour tenter de boucler le financement.

BioCCS : Carbon Impact veut structurer une filière française encore inexistante

La France affiche désormais une ambition élevée sur le captage et le stockage du CO₂ biogénique, mais part quasiment de zéro sur le plan industriel. Alors que la stratégie nationale bas carbone (SNBC3) fixe un objectif de 16 millions de tonnes de CO₂ biogénique captées et stockées chaque année à l’horizon 2050, aucune installation bioCCS n’est aujourd’hui en service dans l’Hexagone. Pour accélérer la structuration du marché, Carbon Impact lance le Centre bioCCS, un hub destiné à mutualiser les données, la formation, les protocoles de certification et les retours d’expérience autour des projets de captage, transport et stockage. L’enjeu est considérable : le groupe estime à environ 22 millions de tonnes par an les émissions de CO₂ biogénique déjà disponibles en France, réparties sur quelque 2 000 sites, pour un marché potentiel évalué à près de 3 milliards d’euros par an. « Le problème n’est pas technologique […], le problème est qu’il n’y a pas de filière », résume Karim Rahmani, CEO et cofondateur de Carbon Impact. Le Centre entend notamment produire une première feuille de route nationale précisant les gisements mobilisables, les infrastructures de transport et de stockage ainsi que les besoins de certification, avec une première édition consolidée attendue en 2027.

Déchets : l’État et la filière veulent accélérer l’industrialisation de l’économie circulaire

Le gouvernement veut faire de la valorisation des déchets un levier industriel à part entière. Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la Transition écologique, a signé jeudi 15 octobre un nouvel avenant au contrat stratégique de la filière « transformation et valorisation des déchets » pour la période 2026-2029. Le secteur pèse déjà près de 1 500 entreprises, 90 000 emplois et 31 milliards d’euros de chiffre d’affaires, avec 1,2 milliard d’euros investis chaque année. Le nouvel accord fixe 10 projets structurants autour de quatre priorités : développer l’industrie circulaire, accélérer la production d’énergie locale à partir des déchets non recyclables, réduire les émissions de méthane et accompagner la montée en compétences, notamment face à l’essor de l’intelligence artificielle dans la collecte et le tri. L’un des enjeux centraux sera de sécuriser les débouchés pour les matières recyclées, alors que Paris pousse à Bruxelles, dans le cadre du futur Circular Economy Act, des obligations d’incorporation, une préférence pour le « made in EU » et des exigences environnementales équivalentes pour les matières importées. « Nous poursuivons le travail engagé pour développer notre industrie, renforcer notre souveraineté et accélérer la transition écologique », a résumé Mathieu Lefèvre. Pour Jean-François Nogrette, président du comité stratégique de filière, l’objectif est désormais de « passer d’une logique de traitement à une logique de production de ressources stratégiques et d’énergie locale », dans un secteur où les seuls besoins d’investissement liés à la valorisation énergétique des déchets municipaux avaient été estimés à plus de 7 milliards d’euros d’ici 2030.

Pays-Bas : les énergies renouvelables devraient représenter plus de 80 % des capacités électriques en 2035

Les Pays-Bas accélèrent leur transition énergétique, malgré les tensions croissantes sur leur réseau électrique. Selon une étude de GlobalData, la part des énergies renouvelables dans la puissance électrique installée devrait passer de 65 % en 2025 à plus de 80 % en 2035, tandis que la capacité totale de production progresserait de 4 % par an en moyenne sur la période. Cette évolution s’accompagne d’une réorientation des investissements : confronté à la saturation des réseaux et à la multiplication des prix négatifs de l’électricité en milieu de journée, le pays privilégie désormais le développement de l’éolien en mer du Nord, le stockage par batteries et la flexibilité de la demande industrielle, après plusieurs années d’expansion rapide du solaire photovoltaïque. « L’éolien offshore offre des facteurs de charge plus élevés et une meilleure adéquation avec les profils de consommation industrielle », souligne Attaurrahman Ojindaram Saibasan, analyste du secteur électrique chez GlobalData. Si le solaire devrait conserver la première place dans les capacités installées, l’éolien en mer deviendrait le principal moteur de croissance de la production électrique, tandis que le charbon serait progressivement éliminé et que les centrales à gaz conserveraient un rôle d’équilibrage du système. L’enjeu est désormais autant industriel que financier : les investissements devraient se concentrer sur les parcs éoliens offshore, les interconnexions à très haute tension, les batteries et les électrolyseurs destinés à valoriser les surplus d’électricité renouvelable. Soutenue par le mécanisme public SDE++ et de nouveaux dispositifs de contrats pour différence, cette transformation reste toutefois conditionnée à la modernisation des infrastructures. « La congestion du réseau est désormais le principal défi opérationnel du système électrique néerlandais », prévient l’analyste de GlobalData, qui estime que la réussite de cette trajectoire dépendra de la synchronisation entre nouvelles capacités renouvelables, raccordements électriques et développement du stockage.

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