Quatre infos à retenir cette semaine

13/09/2026
8 min

À quelques mois de l’élection présidentielle, l’énergie et le climat s’installent au cœur du débat public, entre souveraineté, pouvoir d’achat et adaptation. France renouvelables veut faire de l’électrification un projet économique national, tandis que la hausse de 6,3 % du prix repère du gaz rappelle la vulnérabilité persistante des ménages aux chocs internationaux. À l’Assemblée, le RN entend profiter de sa prochaine niche parlementaire pour remettre les ZFE et Schengen au centre du jeu politique. En toile de fond, l’été 2026, le plus chaud jamais enregistré en France, donne à ces arbitrages une urgence nouvelle.

Par Gaz d’aujourd’hui, avec AFP

Présidentielle 2027 : France renouvelables veut faire de l’électrification un projet économique national

À l’approche de la prochaine présidentielle, France renouvelables veut déplacer le débat énergétique du terrain climatique vers celui de la souveraineté et de la compétitivité. Dans son manifeste « L’énergie qui libère la France », la fédération plaide pour une accélération simultanée des renouvelables, du stockage, des réseaux et de l’électrification, avec un objectif politique : ramener la part des énergies fossiles importées d’environ 60 % de la consommation énergétique française à 30 % en 2035. L’organisation propose notamment la création, dès le prochain quinquennat, d’un Conseil national de l’électrification placé sous l’autorité du président de la République et d’une programmation pluriannuelle dédiée, la « PPELEC ». Son argumentaire est aussi budgétaire et industriel : la France importe chaque année, selon elle, près de 110 milliards d’euros d’énergies fossiles, tandis qu’une levée des contraintes administratives pesant sur l’éolien et le solaire pourrait réduire leurs coûts de 10 à 20 euros par MWh et générer plus de 2 milliards d’euros d’économies annuelles pour l’État. France renouvelables assume ainsi une doctrine d’« abondance énergétique » : plutôt que d’attendre que la consommation électrique reparte, elle veut que l’offre décarbonée précède la demande afin d’attirer usines, data centers et investissements industriels et de faire de la France, selon ses termes, la première « électro-puissance » européenne.

Gaz : le prix repère bondit de 6,3 % en octobre, la facture annuelle pourrait grimper de 120 euros

Le répit aura été de courte durée pour les ménages chauffés au gaz. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a annoncé une hausse de 6,3 % TTC du prix repère de vente de gaz au 1er octobre, à 182,88 euros le MWh contre 172,05 euros le MWh en septembre. Cette progression, liée à la remontée des prix de gros observée en août, se traduira par une hausse moyenne de 5,28 euros TTC sur la facture mensuelle des consommateurs dont l’offre est indexée sur ce baromètre. L’impact concernera une majorité des abonnés résidentiels. À l’inverse, les ménages ayant souscrit une offre à prix fixe — environ 40 % des consommateurs de gaz fin 2025 — seront temporairement protégés de cette hausse. Depuis la disparition des tarifs réglementés en juillet 2023, le prix repère publié chaque mois par la CRE sert de référence pour comparer les offres et guide une partie des tarifs proposés par les fournisseurs. La hausse d’octobre ne provient ni des taxes ni des tarifs de réseaux, mais uniquement de la composante d’approvisionnement, calculée à partir des prix à terme observés sur le marché européen. Pour octobre, la CRE s’appuie notamment sur les cotations du mois d’août. L’avertissement le plus significatif porte toutefois sur l’année entière. Si les conditions de marché restent globalement stables jusqu’à décembre, le régulateur estime que la facture moyenne de gaz en 2026 pourrait être supérieure d’environ 10 % à celle de 2025, soit près de 120 euros TTC supplémentaires sur l’année. La remontée des prix intervient dans un marché européen redevenu très tendu depuis le conflit au Moyen-Orient et le blocage du détroit d’Ormuz, qui ont fortement renchéri le gaz et le GNL. Le TTF néerlandais, référence du marché européen, est ainsi passé d’un peu plus de 31 euros le MWh fin février à plus de 81 euros le MWh pour les contrats d’octobre, rappelant à quel point les factures françaises restent exposées aux chocs géopolitiques, malgré la diversification des approvisionnements.

Assemblée nationale  : le RN prépare une « niche » très politique

Le Rassemblement national veut faire de sa dernière journée réservée du quinquennat une vitrine de son programme présidentiel. Le 8 octobre, le groupe de Marine Le Pen remettra notamment sur la table la suppression des zones à faibles émissions (ZFE) et une résolution en faveur d’une « double frontière », européenne et nationale, au sein de l’espace Schengen. Sur les ZFE, le parti peut espérer des soutiens au-delà de ses rangs : l’Assemblée avait déjà voté leur suppression au printemps dans le projet de loi de simplification, contre l’avis du gouvernement, par 275 voix contre 225 lors du vote définitif, avant que le Conseil constitutionnel ne censure cette disposition pour des raisons de procédure. Le sujet a ainsi dépassé le traditionnel clivage droite-gauche, entre défense de la qualité de l’air et critique d’une mesure jugée socialement pénalisante pour les automobilistes modestes ; lors des précédents débats, le député RN Matthias Renault avait dénoncé auprès de LCP le « dogme de l’écologie punitive ». Le reste du programme mêlera des marqueurs plus identitaires — durcissement de l’accès au logement social, contrôle des subventions locales ou réforme de Schengen — à des propositions susceptibles de recueillir un consensus plus large, comme l’accès à l’eau potable outre-mer ou la panthéonisation d’Olympe de Gouges. Avec cette niche parlementaire, programmée au moment où l’Assemblée reprend ses travaux après une rentrée différée à octobre, le RN cherchera surtout à transformer une journée d’initiative législative en séquence de campagne, en testant à la fois ses thèmes de prédilection et sa capacité à agréger des majorités ponctuelles au Palais-Bourbon.

Climat : l’été 2026, le plus chaud jamais enregistré en France

Avec une température moyenne de 24 °C, soit 3,6 °C au-dessus des normales 1991-2020, l’été 2026 est devenu le plus chaud jamais mesuré en France depuis le début des relevés en 1900, devant 2003 et 2022. Météo-France recense 53 jours de vague de chaleur répartis en trois épisodes successifs, un record très supérieur aux 33 jours de 2022. La première vague, du 17 au 30 juin, a été la plus intense observée depuis 1947, avec jusqu’à 72 départements placés en vigilance rouge et 40 % du territoire dépassant les 40 °C. Sur l’ensemble de la saison, 90 % de la France a connu au moins une journée à 35 °C ou plus et le seuil de 40 °C a été franchi 178 fois dans le réseau principal de Météo-France, soit deux fois plus qu’en 2003. À cette chaleur exceptionnelle se sont ajoutés un déficit de précipitations proche de 40 %, faisant de l’été 2026 le deuxième moins pluvieux depuis 1959, une sécheresse des sols à des niveaux inédits, ainsi que la saison des feux de forêt la plus sévère jamais enregistrée. Le rapport insiste surtout sur la portée de ces records dans un climat qui continue de se réchauffer. Météo-France estime que l’été 2026 a été environ 5 °C plus chaud qu’un été moyen de la période préindustrielle, dont 2,4 °C directement imputables au changement climatique d’origine humaine. Un tel épisode aurait été « quasi impossible » sans réchauffement, tout en restant encore rare dans le climat actuel, avec une probabilité d’environ une année sur 100. Mais cette rareté pourrait rapidement s’éroder : dans une France à + 2,7 °C à l’horizon 2050, les étés les plus chauds pourraient dépasser 67 jours de vague de chaleur ; dans une France à + 4 °C à l’horizon 2100, ils pourraient en compter plus de 92. Les températures moyennes observées en 2026 correspondraient alors à un été ordinaire. « L’été 2026 doit être plus qu’un record dans les annales de Météo-France. Il doit être un électrochoc », écrit la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, appelant à accélérer l’adaptation du pays.

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