Quatre infos à retenir cette semaine

En bref
07/06/2026
7 min

Le gouvernement a ajusté les règles du marché des certificats de production de biogaz afin d’accompagner la montée en puissance du biométhane. Dans le même temps, la consommation française de carburants routiers a poursuivi son recul sous l’effet de la hausse des prix à la pompe liée aux tensions géopolitiques. Sur les marchés, une enquête met en lumière le rôle croissant des algorithmes de trading dans l’amplification de la volatilité des prix du gaz en Europe. Enfin, l’exécutif a relancé deux dispositifs majeurs de France destinés à accélérer la décarbonation de l’industrie et à réduire les émissions du secteur d’ici à 2030.

Par Gaz d’aujourd’hui, avec AFP

Gaz renouvelable : l’exécutif ajuste les règles du marché des certificats de production de biogaz

Publié au Journal officiel du 24 mai, le décret n°2026-400 du 22 mai 2026 ajuste plusieurs règles clés encadrant le biométhane injecté dans les réseaux de gaz naturel. Le texte intervient alors que la première période de livraison des certificats de production de biogaz (CPB), nouvel outil de soutien à la filière, a démarré le 1er janvier 2026 pour s’achever fin 2028. Parmi les principales évolutions, le gouvernement supprime la notion de production annuelle prévisionnelle, qui pouvait jusqu’ici limiter l’émission de certificats lorsque les volumes injectés dépassaient les prévisions. Désormais, les CPB seront délivrés sur la base des quantités réellement injectées dans les réseaux, une mesure de simplification réclamée par les producteurs. Le décret renforce également les pouvoirs de contrôle de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), qui bénéficiera désormais d’un accès annuel aux données de coûts et de recettes des exploitants afin de suivre plus finement l’économie de la filière. Le texte modifie par ailleurs plusieurs procédures administratives. Les installations souhaitant bénéficier des CPB devront désormais disposer d’un « rapport de conformité », en remplacement de l’ancienne attestation de conformité. Concernant les garanties d’origine du biométhane, les producteurs seront tenus de déclarer au gestionnaire du registre national la date effective d’entrée en vigueur de leurs contrats dans un délai maximal de trois mois. Ces ajustements interviennent dans un contexte plus large de montée en puissance du soutien au gaz renouvelable. Quelques jours après la promulgation de la loi de simplification de la vie économique du 26 mai 2026, qui allège certaines conditions d’accès aux dispositifs de soutien et crée un fonds de garantie contre les risques contentieux, le gouvernement a également lancé une consultation sur la trajectoire post-2028 des CPB. Celle-ci prévoit une montée progressive des volumes de biométhane incorporés jusqu’à environ 28,2 TWh en 2035, faisant des certificats de production de biogaz le principal levier de soutien à la filière dans le cadre de la troisième programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).

La consommation française de carburants routiers chute de 12 % en mai

La hausse persistante des prix à la pompe continue de peser sur les habitudes de déplacement des Français. Selon des données des douanes communiquées par le ministère de l’Économie, la consommation de carburants routiers a reculé de 12 % en mai sur un an, après une baisse déjà marquée de 11 % en avril. Cette contraction intervient dans un contexte de tensions sur les marchés pétroliers liées à la guerre au Moyen-Orient, qui a entraîné une forte progression des prix des carburants. Le litre de SP95-E10 s’établissait ainsi à 1,987 euro début juin, soit une hausse de 15,5 % depuis le déclenchement du conflit, tandis que le gazole atteignait 2,039 euros le litre (+ 18,6 %). Pour expliquer cette baisse de la consommation, le ministre de l’Économie Roland Lescure évoquait récemment des changements de comportement, entre réduction des déplacements, développement du covoiturage et recours accru au télétravail. Face à cette situation, le gouvernement a renforcé ses dispositifs de soutien aux ménages et aux professionnels, mobilisant près de 1,2 milliard d’euros d’aides. Selon Bercy, plus de 636 500 travailleurs modestes avaient déjà sollicité, au 2 juin, l’aide exceptionnelle de 100 euros destinée aux « grands rouleurs ».

Gaz : les algorithmes de trading accusés d’amplifier la volatilité des marchés

La flambée des prix de l’énergie en Europe serait accentuée par les algorithmes de trading capables de lire en temps réel les titres d’actualité et les messages publiés sur les réseaux sociaux, selon une enquête de Montel News. Depuis le début de la guerre en Iran, le 28 février, la volatilité du contrat gazier néerlandais TTF front-month, référence européenne du gaz, aurait plus que doublé, tandis que son prix atteignait environ 49 euros le MWh, en hausse de 53 %, après un pic à 70 euros le MWh fin mars. Ces programmes automatisés, parfois déployés par centaines par un même opérateur, réagissent en quelques millisecondes à des mots-clés comme « guerre », « bombardement » ou « fermeture de détroits », amplifiant les mouvements intrajournaliers. « Il est possible d’avoir 100 à 200 bots suivant les marchés et passant des ordres », explique Antonio Mele, professeur à la London School of Economics. Pour certains traders cités par Montel, ces réactions algorithmiques pourraient représenter jusqu’à 50 % de la volatilité récente liée au conflit iranien. Cette évolution intervient alors que l’Agence internationale de l’énergie estime que la part du gaz spot et du GNL flexible pourrait atteindre près des deux tiers de l’approvisionnement européen d’ici 2030, exposant davantage le marché aux à-coups de court terme.

Décarbonation industrielle : l’État relance deux dispositifs de France 2030

Le gouvernement relance deux mécanismes majeurs de soutien à la décarbonation de l’industrie dans le cadre de France 2030 : la deuxième édition de l’appel d’offres « Grands projets industriels de décarbonation » (AO GPID) et une nouvelle relève de l’appel à projets « Décarb ind ». L’objectif est de réduire de 30 % les émissions industrielles d’ici à 2030 tout en renforçant la compétitivité des entreprises et leur indépendance vis-à-vis des énergies fossiles. Destiné aux sites industriels les plus émetteurs, l’AO GPID finance des projets d’électrification, d’efficacité énergétique ou de captage du carbone. Sa première édition avait attribué 1,6 milliard d’euros à sept projets, permettant d’éviter 3,8 millions de tonnes de CO₂ par an. De son côté, « Décarb ind », qui soutient des projets de taille intermédiaire via des subventions pouvant atteindre 30 millions d’euros, a déjà accompagné 158 projets depuis 2020 pour un montant total de 570 millions d’euros. « Aujourd’hui, nous accélérons pour réduire de 30 % les émissions d’ici 2030 », souligne Roland Lescure, ministre de l’Économie. Pour le gouvernement, ces dispositifs doivent permettre de conjuguer décarbonation, souveraineté industrielle et compétitivité. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 7 septembre 2026.

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