Gaz renouvelables : la France et la Suisse romande renforcent leur alliance stratégique

Gaz renouvelables
28/05/2026
5 min
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France gaz et l’Association des gaziers romands (AGR) ont signé le 27 mai un accord de partenariat destiné à accélérer le développement des gaz renouvelables et bas carbone. Une coopération qui intervient alors que les deux pays disposent déjà d’une filière biométhane parmi les plus matures d’Europe.

Par Gaz d’aujourd’hui 

La filière gazière française poursuit son ouverture européenne. France gaz et l’Association des gaziers romands (AGR) ont annoncé la signature d’un protocole d’accord visant à renforcer leur coopération dans les domaines du biométhane, des gaz bas carbone et de l’hydrogène. Les deux organisations entendent multiplier les échanges sur les cadres réglementaires, les mécanismes de certification, la normalisation et les innovations technologiques afin d’accompagner la décarbonation des systèmes énergétiques français et suisse.

Partage d’expériences

L’accord prévoit notamment l’organisation de rencontres régulières entre les acteurs des deux pays ainsi qu’un partage d’expériences sur les politiques publiques et les modèles économiques favorisant le déploiement des gaz renouvelables. « Les gaz renouvelables et bas carbone sont des leviers essentiels de la décarbonation de nos économies », souligne Frédéric Martin, président de France gaz. Son homologue suisse, Pierre-Alain Kreutschy, estime pour sa part que ce partenariat permettra « de faire progresser la production de biométhane et des gaz renouvelables ainsi que les innovations technologiques associées ».

Quasi 7 % de la consommation européenne de gaz

L’Union européenne consomme encore aujourd’hui près de 332 milliards de mètres cubes de gaz, dont 273 milliards sont encore importés, plus de trois ans après l’annonce du plan REPowerEU, en réponse à l’insécurité énergétique et à l’extrême volatilité des prix. En 10 ans, la production de biométhane « a été quasi multipliée par 10 »En 2024, la production combinée de biogaz et de biométhane a atteint 232 TWh, soit 22 milliards de mètres cubes, l’équivalent de 6,6 % de la consommation totale de gaz naturel de l’Union européenne. Un volume qui dépasse, à lui seul, la demande intérieure cumulée de pays comme la Belgique, le Danemark et l’Irlande. Longtemps cantonné à quelques pays pionniers, le biométhane s’est diffusé rapidement. Vingt-cinq pays européens disposent désormais d’unités de production, contre une poignée il y a encore 10 ans. La Pologne a injecté son premier biométhane dans le réseau en 2025, tandis que la Lituanie et l’Ukraine ont lancé leurs premières installations dès 2023. Cette montée en puissance s’accompagne d’un changement d’échelle. En 2024, la production de biométhane a atteint 54 TWh (5,2 BCM), avec une capacité installée de 7 BCM par an début 2025, en croissance continue depuis 2022.

La Suisse, un marché déjà structuré

Le pays helvétique comptait 449 unités de méthanisation en activité en 2024, pour une production totale de 1 335 GWh de biogaz selon l’Association européenne du biogaz. La filière biométhane poursuit également sa progression avec 47 unités d’épuration produisant 471 GWh de biométhane, soit une hausse continue observée depuis plus d’une décennie. La Suisse figure également parmi les marchés les plus développés pour les usages de mobilité. Le pays dispose de 156 stations de bioGNC, dont trois distribuent du biométhane pur, alimentant environ 13 500 véhicules au gaz. Dans les carburants gazeux utilisés pour le transport, le biométhane représente déjà 26 % des volumes consommés. Les autorités helvétiques ont récemment consolidé le cadre de soutien à la filière. Plusieurs réformes réglementaires sont entrées en vigueur en 2025, dont une révision de l’ordonnance CO₂ introduisant, pour la première fois, un dispositif spécifique d’aide aux installations de biométhane injectant dans le réseau gazier. Un nouveau système de garanties d’origine pour les combustibles et carburants renouvelables a également été mis en place. La production suisse repose principalement sur la valorisation des déchets. Les boues d’épuration représentent 54 % des intrants utilisés pour le biogaz et 58 % de ceux destinés au biométhane, devant les déchets organiques municipaux, les effluents d’élevage et les résidus agricoles.

En Europe, la France figure parmi les leaders de la montée en puissance du biométhane, ayant presque doublé sa capacité depuis le milieu de l’année 2021. Le pays européen ayant raccordé le plus grand nombre d’unités ces trois dernières années. La capacité installée a dépassé les 16 TWh cette année. « Ce partenariat offre l’opportunité de comparer les modèles de soutien et d’accélérer le partage des bonnes pratiques », soulignent les représentants français. Alors que les deux pays misent sur les gaz renouvelables pour compléter l’électrification des usages, le rapprochement entre les acteurs français et suisses témoigne d’une volonté commune de structurer un marché européen du gaz décarboné.

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