Le méthane « priorité structurante » de l’action climatique mondiale

Publié le 05/05/2026

2 min

Publié le 05/05/2026

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En 2025, les émissions de méthane liées aux combustibles fossiles ont atteint environ 124 millions de tonnes. Le pétrole en constitue la première source, suivi de près par le charbon et le gaz naturel. Cette stabilité à un niveau élevé intervient dans un contexte de production record d’énergie fossile, qui a neutralisé les gains réalisés sur l’intensité des émissions dans certaines régions. Plus largement, le secteur énergétique représente à lui seul près de 40 % des émissions de méthane d’origine humaine, confirmant son rôle central dans la lutte contre le réchauffement à court terme.

 

©Réalisé par Gaz d’aujourd’hui à partir des données fournies dans le Global Methane
Tracker 2026- AIE- Mai 2026

 

Une concentration qui a quasi triplé en deux siècles

Ce gaz, dont le pouvoir réchauffement étant plus de 80 fois supérieur à celui du CO₂ sur 20 ans, constitue aujourd’hui près de 30 % de l’augmentation des températures mondiales depuis l’ère préindustrielle. Sa concentration dans l’atmosphère a été multipliée par 2,7 en deux siècles et continue de progresser année après année. Dans ce contexte, les experts insistent sur le caractère décisif d’une réduction rapide des émissions, dont les effets seraient perceptibles presque immédiatement, du fait de la durée de vie relativement courte du méthane dans l’atmosphère. Pourtant, la mobilisation internationale peine à produire des résultats tangibles. Le « Global Methane Pledge », lancé en 2021, rassemble désormais 159 pays et couvre près de la moitié de la production mondiale d’hydrocarbures. Mais les politiques effectivement mises en œuvre restent en deçà des ambitions affichées. Selon l’AIE, les réglementations actuelles ne permettraient de réduire les émissions du secteur pétrolier et gazier que d’environ 20 % d’ici 2030, bien loin de l’objectif collectif de – 30 %. Ce décalage entre promesses et actions nourrit une forme de scepticisme croissant quant à la capacité des États à traiter ce sujet avec la même détermination que celui du CO₂.