EDF mise sur Chalon-sur-Saône pour relancer la filière nucléaire française

27/04/2026
4 min
©Réseau X- Maud Bregeon


Arabelle Solutions, filiale d’EDF spécialisée dans les turbines nucléaires, va construire une nouvelle usine à Chalon-sur-Saône, un investissement de 100 millions d’euros qui devrait créer 160 emplois qualifiés à l’horizon 2030 ont annoncé lors de leur déplacement en Saône et Loire, les ministres délégués à l’Énergie et à l’Industrie, Maud Bregeon et Sébastien Martin.

Par Gaz d’aujourd’hui avec AFP


« Le nucléaire est le pilier de notre souveraineté énergétique. C’est aussi une industrie et une filière d’excellence ancrée dans nos territoires qui fait notre fierté à l’international », a déclaré Maud Bregeon à l’AFP. La Programmation pluriannuelle de l’énergie ( PPE) publié en février par le gouvernement, a confirmé le rôle central du nucléaire dans le mix français avec la volonté de maintenir le parc existant le plus longtemps possible (au-delà de 50 ans) sous réserve de sûreté, tout en lançant la nouvelle génération : six EPR2, avec une option pour huit supplémentaires. L’objectif reste de porter la capacité nucléaire autour de 63 à 70 GW à horizon 2050, selon le rythme de mise en service des nouveaux réacteurs.

Une usine stratégique pour les EPR2
Le site de Chalon-sur-Saône, d’une surface de 77 000 m² dont 20 000 m² de bâtiments, accueillera la production d’échangeurs thermiques, des équipements techniques de très grande taille – entre 120 et 370 tonnes et 15 à 25 mètres de long – utilisés dans les turbines des centrales nucléaires. Ces composants sont essentiels pour optimiser les échanges de chaleur dans la salle des machines, là où l’électricité est réellement produite L’usine servira le programme national de réacteurs EPR2 d’EDF, actuellement prévu pour six unités avec la possibilité d’en construire huit supplémentaires. Les équipements produits pourront également être exportés, renforçant ainsi la présence industrielle française à l’international.
« Cette nouvelle usine contribuera à structurer une filière intégrée, au service d’une électricité compétitive, souveraine et bas carbone, essentielle à la sécurité énergétique de la France et de l’Europe » souligne Bernard Fontana, PDG d’EDF qui insiste sur l’importance stratégique du projet.

Prés de 160 emplois créés à horizon 2030
L’usine de Chalon-sur-Saône sera la quatrième d’Arabelle Solutions en France et la sixième dans le monde. Elle sera implantée sur le site Nordéon, une ancienne friche industrielle sélectionnée dans le cadre du projet « Sites Clés en Main France 2030 », ce qui permettra un démarrage rapide sans procédures d’autorisation supplémentaires. L’investissement générera 160 emplois hautement qualifiés à l’horizon 2030, venant s’ajouter à la main-d’œuvre déjà mobilisée sur les sites d’Arabelle Solutions à Belfort, où un plan d’extension de 350 millions d’euros avait été annoncé en janvier 2026.
Pour l’agglomération du Grand Chalon, propriétaire du site et dirigée précédemment par Sébastien Martin, ce projet représente une opportunité majeure de revitalisation économique locale et de renforcement des compétences industrielles sur le territoire.

Un enjeu de souveraineté nationale
La construction de cette usine s’inscrit dans le cadre plus large de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3), qui vise à relancer le nucléaire en France et à sécuriser l’approvisionnement énergétique du pays. L’électricité française reste aujourd’hui l’une des moins chères et des plus décarbonées d’Europe : environ 10 % moins chère que la moyenne européenne, 40 % de moins qu’en Allemagne et 50 % qu’en Italie, grâce au mix nucléaire et hydraulique. Arabelle Solutions assure ainsi une chaîne de production complète des équipements critiques des centrales, de la fabrication des turbines à l’intégration des composants dans la salle des machines. La maîtrise de cette filière est considérée comme stratégique face aux enjeux de souveraineté énergétique et de compétitivité industrielle. Les travaux de construction débuteront en 2027, pour une mise en service prévue en 2030. L’usine permettra de produire, chaque année, l’ensemble des échangeurs thermiques nécessaires à une centrale nucléaire, consolidant ainsi la capacité française à déployer de nouveaux réacteurs sur son territoire et à l’export.

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