Énergies renouvelables : la Cour des comptes alerte sur « la soutenabilité financière  » du modèle français

Politiques énergétiques
18/03/2026
13 min
« La connaissance de l’économie des filières est encore insuffisante » , ce qui complique l’ajustement des politiques publiques, indique la Cour des comptes dans un rapport sur le financement des énergies renouvelables rendu public le 17 mars. ©Shutterstock

 Dans un nouveau rapport publié le 17 mars, la Cour des comptes dresse le constat d’un modèle efficace mais de plus en plus difficile à piloter. « Le coût de ce soutien pour les finances publiques et sa forte variabilité au cours des dernières années a conduit la Cour à se pencher sur les modalités de mise en œuvre de ces dispositifs », souligne la synthèse du rapport. Et pour les sages, le diagnostic est clair : les aides publiques ont permis un décollage rapide des énergies renouvelables, mais au prix d’un engagement financier massif et encore insuffisamment anticipé.

Par Laura Icart

Alors que la France vient de publier sa troisième programme pluriannuelle de l’énergie et devrait présenter dans quelques semaines un plan national d’électrification des usages, la Cour des comptes alerte sur ce qu’elle considère comme un angle mort : la soutenabilité et le pilotage des aides publiques liées aux énergies renouvelables. Sur le plan macroéconomique, la question centrale reste celle de la prévisibilité. Les dépenses liées aux énergies renouvelables dépendent étroitement des prix de marché, eux-mêmes extrêmement volatils. Cette dépendance complique la gestion budgétaire annuelle et conduit « à des ajustements parfois artificiels », comme le décalage de paiements d’une année sur l’autre. Une pratique régulièrement critiquée par la Cour, qui y voit un facteur de manque de lisibilité. Face à ces constats, l’institution ne remet pas en cause la stratégie de décarbonation mais appelle à un changement de doctrine : mieux anticiper, mieux contrôler et surtout mieux piloter.

Une priorité politique sous contrainte budgétaire

Dans un contexte de finances publiques sous tension et de réindustrialisation verte érigée en priorité, le soutien aux énergies renouvelables s’impose comme un levier central de l’action publique. Entre impératif climatique — atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 — et souveraineté énergétique, l’État n’a guère d’alternative que d’accélérer. Mais cette stratégie volontariste se heurte désormais à une contrainte plus prosaïque : celle des comptes publics. C’est tout le sens de l’alerte lancée par la Cour des comptes, qui, sans remettre en cause les objectifs politiques, questionne leur traduction économique....

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