La production d’électricité à partir de biogaz plafonne à 582 MW en 2025

Biogaz
06/03/2026
5 min
Au quatrième trimestre 2025, la production d’électricité à partir de biogaz atteint 776 GWh, représentant environ 0,6 % de la consommation électrique nationale sur la période©Shutterstock

La production d’électricité à partir de biogaz poursuit sa stagnation en France. Selon le tableau de bord publié par le service des données et études statistiques (SDES) du ministère de la Transition écologique, 1 112 installations étaient raccordées au réseau au 31 décembre 2025, pour une puissance totale installée de 582 MW. La production trimestrielle s’élève à 776 GWh au quatrième trimestre 2025, soit environ 0,6 % de la consommation électrique française. Malgré quelques nouvelles installations, la filière cogénération confirme son ralentissement, dans un contexte de réorientation des politiques publiques en faveur de l’injection de biométhane.

Par Gaz d’aujourd’hui

La filière biogaz dédiée à la production d’électricité connaît un ralentissement marqué. En 2025, seulement 27 nouvelles installations ont été raccordées, représentant 2,26 MW supplémentaires, tandis que deux unités totalisant 1,04 MW ont été déclassées. La puissance nouvellement installée chute ainsi de 82 % par rapport à 2024, où 11 MW avaient été raccordés. Cette tendance confirme le désengagement progressif des pouvoirs publics en faveur de la cogénération, jugée moins compétitive que l’injection directe de biométhane dans les réseaux gaziers. Dans ce contexte, l’État privilégie désormais les usages thermiques et la production de gaz renouvelable, considérés comme plus efficaces pour décarboner le système énergétique et renforcer la souveraineté gazière. Cette inflexion stratégique intervient alors que la filière biogaz représente encore 1,8 milliard d’euros d’activité économique et près de 2 660 emplois directs.

582 MW de puissance installée

Au 31 décembre 2025, la puissance totale installée atteint 582 MW, contre 581 MW un an plus tôt, soit une progression marginale. Le parc reste globalement stable, confirmant l’essoufflement du développement observé depuis plusieurs années. La dynamique de raccordement a fortement ralenti par rapport aux années précédentes. Alors que plusieurs dizaines de mégawatts étaient installés chaque année au début des années 2010, le rythme annuel se limite désormais à quelques mégawatts. La troisième programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) publiée le 12 février ne fixe d’ailleurs plus d’objectif spécifique pour la production d’électricité à partir de biogaz, illustrant le changement de priorité des pouvoirs publics. La puissance des projets en file d’attente s’élève néanmoins à 55 MW fin 2025, indiquant qu’un certain nombre de projets pourraient encore voir le jour dans les prochaines années, sans pour autant inverser la tendance générale.

Un parc dominé par les petites installations agricoles


Le parc français reste majoritairement composé de petites unités. Les installations de puissance inférieure à 0,5 MW représentent 77 % des sites raccordés, soit 856 installations, mais seulement 30 % de la puissance totale installée, avec 175 MW. À l’inverse, les installations de puissance supérieure ou égale à 1 MW, bien que ne représentant que 12 % du parc, concentrent 55 % de la capacité nationale, avec 323 MW. Ces unités de plus grande taille reposent souvent sur la valorisation du biogaz issu des installations de stockage de déchets non dangereux, dont la puissance moyenne atteint 1,6 MW. Les unités de méthanisation demeurent largement majoritaires : elles représentent 83 % des installations raccordées et 53 % de la puissance totale, soit 308 MW. Leur puissance unitaire moyenne reste limitée, autour de 338 kW, confirmant l’importance du modèle agricole dans le développement historique de la filière. Les stations d’épuration complètent le parc, avec environ 3 % de la puissance installée.

Une production stable, à 776 GWh au quatrième trimestre


Au quatrième trimestre 2025, la production d’électricité à partir de biogaz atteint 776 GWh, un niveau comparable à celui observé ces dernières années. Elle représente environ 0,6 % de la consommation électrique nationale sur la période. Cette stagnation contraste avec la croissance rapide observée du côté du biométhane injecté dans les réseaux de gaz, désormais au cœur de la stratégie nationale de développement du biogaz.

Quatre régions concentrent près de la moitié des capacités


Le développement de la production électrique à partir de biogaz reste fortement concentré dans quelques régions. Le Grand Est demeure la première région, avec 96 MW installés, soit 16 % de la puissance nationale. L’Île-de-France suit avec 72 MW, devant les Hauts-de-France (51 MW) et la Nouvelle-Aquitaine (52 MW). Ces quatre régions concentrent près de la moitié de la puissance totale installée, avec des profils différents. Le Grand Est se distingue par un grand nombre d’installations de petite taille, tandis que l’Île-de-France repose sur un nombre limité d’unités mais de puissance plus importante. Les départements et régions d’outre-mer représentent quant à eux environ 3 % de la puissance nationale, avec 20 MW installés.

Malgré une base installée importante et un fort ancrage territorial, la production d’électricité à partir de biogaz apparaît désormais en retrait dans les priorités énergétiques nationales. La filière reste confrontée à un manque de visibilité économique et réglementaire, tandis que les politiques publiques privilégient désormais l’injection de biométhane, considérée comme plus stratégique pour la décarbonation du système gazier.

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