Factures énergétiques : 1,2 million d’interventions pour impayés en 2025

Consommation énergétique
03/03/2026
5 min
Pour la première fois depuis 4 ans, les interventions pour des impayés de factures d’électricité et de gaz sont en baisse indique le médiateur national de l’énergie. « Plus de 1,2 million d’interventions pour impayés ont été opérées par les fournisseurs d’électricité et de gaz en 2025 », soit une baisse de 3,7% d’interventions pour impayés l'année dernière. ©Shutterstock

À l’approche de la fin de la trêve hivernale, le médiateur national de l’énergie publie ce 3 mars ses dernières données sur les impayés. En 2025, 1,2 million d’interventions — comprenant les limitations de puissance en électricité et les coupures d’électricité ou de gaz naturel — ont été réalisées chez des particuliers. Ce chiffre marque une baisse de 3,7 % par rapport à 2024, mais confirme la persistance de fortes difficultés pour de nombreux ménages. L’autorité publique indépendante appelle à renforcer la protection des consommateurs, notamment en interdisant totalement les coupures d’électricité et en réautomatisant l’attribution du chèque énergie dès 2027.

Par Laura Icart

Le médiateur national de l’énergie a recensé 1,2 million d’interventions pour impayés en 2025, un niveau légèrement inférieur à celui de 2024. Cette évolution masque toutefois des dynamiques contrastées selon les types d’énergie. Les coupures d’électricité ont notamment fortement diminué, passant de 203 767 en 2024 à 143 625 en 2025, soit une baisse de 30 %. Une évolution jugée « positive » par le médiateur, qui rappelle que l’électricité constitue un bien de première nécessité.

L’énergie, un poste de dépense toujours plus contraignant

Les difficultés à payer les factures d’énergie concernent désormais une part croissante de la population. Selon le baromètre du médiateur publié en octobre 2025, 36 % des foyers déclarent rencontrer des difficultés pour régler leurs factures de gaz ou d’électricité, contre 28 % en 2024. Dans le même temps, 35 % des ménages affirment avoir souffert du froid dans leur logement, un chiffre en forte hausse par rapport à 2020, où ils n’étaient que 14 %. Ces indicateurs témoignent d’une précarité énergétique durable, dans un contexte de hausse du coût de la vie et de contraintes budgétaires persistantes.

Des limitations de puissance de plus en plus fréquentes

Au fil des années, les fournisseurs ont progressivement privilégié les limitations de puissance aux coupures totales. Plus simples à mettre en œuvre, notamment grâce aux compteurs communicants permettant une intervention à distance, ces mesures sont également moins pénalisantes pour les ménages. Entre 2019 et 2025, leur nombre a été multiplié par 3,5. Cette tendance s’est confirmée en 2025, avec près de 948 000 limitations de puissance recensées. À l’inverse, les coupures d’électricité poursuivent leur recul, signe d’une prise en compte accrue des recommandations du médiateur et des associations de lutte contre la précarité énergétique. À rebours de la tendance observée dans l’électricité, les coupures de gaz ont progressé de près de 4 % en 2025. Ce décalage souligne l’absence d’équivalent systématique aux limitations de puissance dans ce secteur, où l’interruption reste souvent la seule option technique en cas d’impayé.

Une précarité énergétique toujours préoccupante

Malgré la légère baisse globale des interventions, le niveau atteint en 2025 reste élevé et reflète les difficultés persistantes des consommateurs. Les 1,2 million d’interventions témoignent de la fragilité financière d’un grand nombre de foyers, contraints d’arbitrer entre différentes dépenses essentielles. Le médiateur se félicite néanmoins de la diminution des coupures d’électricité et réitère sa demande d’une interdiction totale de ces coupures pour impayés, quelle que soit la période de l’année, avec la garantie d’un accès minimal à l’électricité pour tous.

Chèque énergie : vers un retour à l’automatisation

La campagne 2025 du chèque énergie a mis en évidence les limites du système actuel. Alors que 5,6 millions de ménages en avaient bénéficié en 2024, seuls 3,8 millions l’ont reçu automatiquement en 2025, en raison de la mise en place d’un dispositif semi-automatique après la suppression de la taxe d’habitation. De nombreux foyers éligibles n’ont pas effectué les démarches nécessaires, risquant ainsi de passer à côté de cette aide essentielle. Le médiateur national de l’énergie Bernard Doroszczuk propose de rétablir l’automatisation complète du chèque énergie à partir de 2027, en s’appuyant uniquement sur le revenu fiscal de référence et la composition du foyer. « La suppression de l’automaticité du chèque énergie a complexifié l’accès au dispositif et fait peser un risque accru de non-recours pour les ménages les plus fragiles. » Une réforme qui permettrait de garantir un versement plus simple, plus rapide et plus équitable pour l’ensemble des bénéficiaires.

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