Quatre infos à retenir cette semaine

En bref...
08/02/2026
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À Bruxelles, la Commission européenne a présenté un 20ᵉ train de sanctions contre la Russie, renforçant la pression économique sur Moscou à l’approche du quatrième anniversaire de la guerre en Ukraine. Sur le terrain de la transition énergétique, GRDF a fait état d’une accélération de la décarbonation de ses activités en Nouvelle-Aquitaine, portée par le développement du biométhane et de nouveaux usages du gaz vert. Dans le même temps, le Conseil national de l’industrie a appelé à faire de la préférence européenne un pilier de la politique industrielle de l’Union, afin de répondre aux déséquilibres commerciaux et de renforcer la souveraineté économique. Enfin, Teréga a bouclé la commercialisation de ses capacités de stockage de gaz pour l’hiver 2026-2027, sécurisant 34 TWh malgré des conditions de marché plus tendues. 

Par la rédaction de Gaz d’aujourd’hui 

Sanctions contre Moscou : l’Union européenne durcit l’étau pour forcer le Kremlin à négocier

À l’approche du quatrième anniversaire de l’invasion de l’Ukraine, la Commission européenne a dévoilé un 20ᵉ train de sanctions contre la Russie, présenté par sa présidente Ursula von der Leyen comme une réponse à une guerre d’usure menée contre les civils et à l’absence de volonté réelle de paix du Kremlin. « Ce n’est pas le comportement d’un État qui recherche la paix » a-t-elle déclaré, rappelant que, malgré des gains territoriaux limités – 0,8 % du territoire ukrainien –, l’armée russe subit « le taux de pertes le plus élevé jamais enregistré depuis la Seconde Guerre mondiale ». Dans un contexte de pourparlers exploratoires à Abou Dabi, Bruxelles assume une lecture résolument géopolitique : seule la contrainte économique peut, selon elle, amener Moscou à la table des négociations. Le nouveau paquet cible trois leviers clés de la puissance russe : l’énergie, la finance et le commerce. Il prévoit notamment une interdiction totale des services maritimes pour le pétrole brut russe, en coordination avec le G7, l’extension de la liste noire de la « flotte fantôme » à 640 navires, ainsi qu’un durcissement sans précédent contre les banques régionales, les crypto-actifs et les circuits de contournement hors UE. « C’est le point faible de la Russie, et nous appuyons fortement là où cela fait mal », a insisté Ursula von der Leyen, chiffres à l’appui : les recettes pétrolières et gazières de Moscou ont chuté de 24 % en 2025, atteignant leur plus bas niveau depuis 2020, tandis que l’inflation reste élevée et les taux à 16 %. Sur X, le commissaire à l’Énergie Dan Jørgensen a résumé la ligne européenne en une formule brutale : « La Russie tente de contraindre l’Ukraine à la soumission. Nous ne la laisserons pas faire. » Au-delà des sanctions, l’UE revendique une stratégie globale mêlant aide militaire, soutien énergétique d’urgence, prêt de 90 milliards d’euros à Kiev et préparation de l’après-guerre avec Washington. Un message adressé autant au Kremlin qu’aux alliés : pour Bruxelles, la sécurité et l’avenir de l’Ukraine sont désormais indissociables de la crédibilité géopolitique de l’Union.

GRDF accélère la décarbonation de ses activités en Nouvelle-Aquitaine

Du biométhane produit localement aux bus roulant au biogaz, en passant par des chantiers plus sobres et des bâtiments mieux isolés, GRDF a nettement accéléré en 2025 la décarbonation de ses activités en Nouvelle-Aquitaine, faisant de la région un terrain d’expérimentation grandeur nature de la transition énergétique. Aujourd’hui, 74 sites injectent déjà du biométhane dans les réseaux régionaux, soit 1 650 GWh par an, avec neuf nouveaux méthaniseurs mis en service cette seule année, de la Gironde à la Creuse. Une dynamique appelée à s’amplifier : la part de gaz vert devrait passer de 7 % actuellement à 19 % en 2028. Sur le terrain, cette transition se traduit aussi par des chantiers à plus faible empreinte carbone, comme l’enrubannage testé à La Teste-de-Buch (Gironde) ou Bénéjacq (Pyrénées-Atlantiques), et par le développement de nouveaux usages, notamment dans les transports. Plusieurs lignes de bus au bioGNV circulent désormais en Charente-Maritime, un premier bus a été mis en service à Brive, et des projets de rétrofit de rames TER visent à remplacer le diesel par du biogaz. « L’année 2025 a marqué une étape décisive pour le développement du biométhane en Nouvelle-Aquitaine », souligne Alban Mathé, directeur clients territoires de GRDF, qui voit dans ces projets une réponse concrète aux ambitions climatiques régionales. À l’horizon 2026–2028, avec de nouvelles unités de méthanisation, des stations bioGNV et des projets innovants comme la pyrogazéification en Gironde, GRDF entend confirmer l’ancrage d’une énergie locale, renouvelable et durable, au plus près des besoins des territoires.

Le CNI plaide pour ériger la préférence européenne en pilier de la politique industrielle de l’UE

Réuni le 3 février, le Conseil national de l’industrie (CNI), instance de concertation présidée par le Premier ministre, appelle l’Union européenne à faire de la préférence européenne un axe structurant de sa politique industrielle, face à l’intensification des déséquilibres commerciaux mondiaux et à la fragilisation de secteurs stratégiques. Dans le sillage de l’appel lancé par le commissaire européen Stéphane Séjourné et plus de 1 100 dirigeants d’entreprises, le CNI défend une mise en œuvre rapide et ciblée de ce principe, notamment via l’Industrial Accelerator Act, afin de garantir des conditions de concurrence équitables, soutenir la souveraineté industrielle et restaurer la confiance des investisseurs. L’enjeu est d’autant plus pressant que l’industrie européenne subit une concurrence jugée déloyale, marquée par des surcapacités massives – en particulier chinoises – et des coûts de production jusqu’à 70 % inférieurs à ceux de l’UE. Soutenu à la fois par les organisations syndicales et patronales, le CNI préconise une application cohérente de la préférence européenne dans la commande publique, les soutiens publics et les réglementations sectorielles, ainsi qu’un renforcement des instruments de défense commerciale et des exigences accrues en matière de transferts de technologies et de coentreprises à majorité européenne pour les investissements étrangers. Objectif affiché : sécuriser les chaînes de valeur, favoriser les relocalisations à forte valeur ajoutée et consolider durablement la compétitivité industrielle de l’Union.

Hiver 2026-2027 : Teréga boucle la commercialisation de ses capacités de stockage de gaz

Teréga a achevé, mercredi 28 janvier, sa campagne d’enchères de stockage de gaz pour l’hiver 2026-2027, sécurisant l’intégralité de ses capacités malgré un contexte de marché moins favorable. L’opérateur, qui représente à lui seul 26 % des capacités françaises de stockage, s’appuie sur ses deux réservoirs souterrains stratégiques de Lussagnet (Landes) et d’Izaute (Gers), véritables piliers de la sécurité d’approvisionnement nationale et carrefour clé des échanges gaziers en Europe du Sud. Au total, 34 000 GWh de stockage ont été souscrits à l’issue d’enchères étalées de novembre 2022 à fin janvier 2026 sur la plateforme Storeplace, couvrant quatre produits aux profils de soutirage différenciés, dont 22 200 GWh pour le produit Fizz et 9 300 GWh pour Fair. Sur les 44 entreprises participantes, 37 ont réservé des capacités pour la période avril 2026 – mars 2027. Cette commercialisation intégrale intervient alors que les conditions de marché se sont dégradées début 2026, avec une inversion des différentiels de prix entre l’été et l’hiver. Malgré cela, Teréga est parvenue à valoriser l’ensemble de ses 34 TWh de volume utile, associés à un débit de soutirage de 581 GWh par jour, pour un prix moyen de 1,01 euro le MWh, générant 34,5 millions d’euros de recettes. L’opérateur a par ailleurs anticipé les campagnes suivantes grâce à des enchères pluriannuelles, lui permettant d’ores et déjà de commercialiser 46 % de ses capacités pour 2027-2028 et 12 % pour 2028-2029, renforçant ainsi la visibilité et la robustesse du système gazier français à moyen terme.

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