La transition énergétique, « une affaire de territoire » avant tout ?

Territoires
04/02/2026
12 min

« La Transition énergétique ne se décrète pas depuis Paris, elle se construit dans les territoires » . C’est le constat central du rapport prospectif consacré à la mise en œuvre territoriale de la transition énergétique publié le 3 février par la Commission de régulation de l’énergie (CRE), qui plaide pour une territorialisation assumée, structurée et durable de la transition, avec les élus locaux en fer de lance. Décryptage.

Par Laura Icart

« Le secteur de l’énergie fait l’objet de débats passionnés mêlant politique, économie, science, technologie, parfois idéologie, ce qui ne permet pas toujours des échanges sereins » souligne en ouverture des travaux de restitution la présidente de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), Emanuelle Wargon. « Réussir la transition énergétique requiert une vision et une réglementation nationales, mais sa réussite dépend fondamentalement de sa mise en œuvre locale », rappelle-t-elle dans l’avant-propos du rapport du groupe de prospective co-présidé par Joël Giraud, ancien ministre de la Cohésion des territoires, et Olivier Loizeau, directeur général de Vendée Énergie. Des étapes de concertation aux modèles économiques en passant par le partage de la valeur, l’ingénierie locale, la mutualisation des ressources ou encore la gestion des risques pour les riverains, ce rapport prospectif ne révèle aucun scoop mais met en lumière plusieurs fractures dans les territoires : verticalité des décisions publiques, difficile appropriation des projets et des stop and go réglementaires et financiers qui fragilisent les projets.

Co-construire sur le terrain

Pour respecter ses engagements européens, notamment le paquet « Fit for 55 », et nationaux à travers la stratégie nationale bas carbone (SNBC) et la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), la France doit doubler le rythme annuel de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre, passant de 2 à 3 % aujourd’hui à près de 5 % par an. Cette accélération ne pourra pas reposer uniquement sur des décisions...

Cet article est réservé aux abonnés de Gaz d'aujourd'hui, abonnez-vous si vous souhaitez lire la totalité de cet article.

Je m'abonne

Vous aimerez aussi