EDF : la production d’électricité nucléaire prend son envol en 2025

Production électrique
09/01/2026
5 min
La consommation électrique nationale, s'élève à 373 térawattheure (TWh), soit +11,3 TWh par rapport à 2024 . ©Shuttersock

EDF a vu sa production d’électricité nucléaire progresser en 2025 grâce à la bonne disponibilité de ses réacteurs mais celle d’origine hydraulique a reculé en raison d’une moindre pluviosité, revenant à ses niveaux habituels après une année 2024 exceptionnellement arrosée. Cette même semaine, l’électricien a annoncé avoir signé fin décembre avec ArcelorMittal un contrat d’approvisionnement d’électricité nucléaire (CAPN) sur 18 ans.

Par la rédaction, avec AFP

Pour l’année 2025, la production d’origine nucléaire, qui alimente à hauteur de 60 à 70% la consommation électrique nationale, s’élève à 373 térawattheure (TWh), soit + 11,3 TWh par rapport à 2024 (+ 3,1%), indique le géant français du nucléaire sur son site le 8 janvier.

Une production nucléaire fortement redressée

Cette production, dans la fourchette haute des prévisions d’EDF pour 2025, qui tablait entre « entre 365 et 375 TWh« , s’explique « par la bonne disponibilité des réacteurs en fonctionnement, des arrêts de tranche [réacteurs, NDLR] bien maîtrisés et toujours une forte modulation » de la production, selon l’électricien. La modulation consiste à adapter, à la hausse ou à la baisse, la production des centrales nucléaires à la consommation, qui fluctue selon les heures de la journée et les périodes de l’année, ainsi qu’à la production variable des énergies renouvelables (solaire, éolien). La production nucléaire s’est fortement redressée depuis l’année noire 2022 au cours de laquelle EDF avait dû mettre à l’arrêt près de la moitié de ses réacteurs en raison de problèmes de corrosion. La production hydroélectrique a reculé elle de 15,8 % à 42,6 TWh en 2025, revenant à une année normale, généralement entre 40 et 42 TWh. Elle était de 50,6 TWh en 2024, une année exceptionnelle du fait d’une pluviométrie très abondante. L’année dernière a en revanche été record pour les stations de transfert d’énergie par pompage (step), avec une production de 6 TWh, soit 400 gigawattheures (GWh) de plus que le record précédent de 2014, indique EDF. Les step, sortes de batteries de stockage géantes, fonctionnent en circuit fermé avec une double retenue d’eau à des hauteurs différentes. Durant les périodes d’excédent d’énergie sur le réseau électrique, l’eau du bassin inférieur est pompée vers le bassin supérieur et, lorsqu’il est nécessaire d’injecter de l’électricité sur le réseau, les vannes sont ouvertes pour créer une chute vers le bassin inférieur et faire tourner les turbines. Grâce à leur fonction de stockage et à leur réactivité, les step contribuent à maintenir l’équilibre entre production et consommation sur le réseau, tout en apportant un concours précieux lors des pics de consommation, souligne EDF.

ArcelorMittal signe avec EDF un contrat d’approvisionnement d’électricité nucléaire sur 18 ans

ArcelorMittal et EDF ont officialisé, fin décembre, la signature d’un contrat d’approvisionnement d’électricité nucléaire de long terme (CAPN) d’une durée de 18 ans, effectif depuis le 1er janvier 2026. Cet accord prévoit l’allocation à l’aciériste d’une quote-part de la production du parc nucléaire historique d’EDF, afin de sécuriser sur le long terme une électricité à la fois bas carbone et compétitive pour ses sites français. Il s’inscrit dans un contexte stratégique marqué par les enjeux de décarbonation de l’industrie lourde et de compétitivité de la sidérurgie européenne, alors que les projets de transformation des hauts fourneaux de Dunkerque, estimés à 1,2 milliard d’euros, restent conditionnés à des garanties sur la protection du marché européen et les règles du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF). Pour EDF, ces contrats CAPN permettent de sécuriser des recettes stables à long terme dans la perspective du financement du vaste programme de relance du nucléaire, tout en répondant aux priorités de l’État en matière de souveraineté énergétique et d’attractivité industrielle. Si syndicats et pouvoirs publics saluent un signal positif, ils attendent désormais des engagements concrets d’ArcelorMittal sur ses investissements industriels en France, dans un groupe qui emploie 15 000 salariés sur le territoire.

En France, l’électricité est produite à 95 % à partir de filières bas carbone, c’est-à-dire nucléaire et renouvelables, selon le gestionnaire du réseau à haute tension RTE. En 2025, le pays a pour la deuxième année consécutive battu son record d’exportation d’électricité, avec un solde exportateur net de 92,3 TWh, selon RTE. EDF prévoit pour les années 2026 et 2027 une production nucléaire comprise entre 350 et 370 TWh. EDF, qui est également présent au Royaume-Uni, indique que sa production nucléaire est ressortie à 32,9 TWh, soit – 4,4 TWh (- 11,7 %) par rapport à 2024, « après des incidents sur les vannes à vapeur impactant la production à Hartlepool et Heysham 1 en 2024 et un important programme de maintenance et des arrêts en 2025« .

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