Génération Gaya

Publié le 14/06/2017

4 min

Publié le 14/06/2017

Temps de lecture : 4 min 4 min

La visite, le 26 mai, du nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot, sur la plateforme Gaya, projet phare d’Engie dans la production de gaz vert à partir de biomasse sèche, a donné un coup de projecteur à la dimension renouvelable du gaz naturel. Focus.

Par Laura Icart

La France s’est fixée d’ambitieux objectifs de développement du gaz vert, avec une cible de 10 % dans le réseau d’ici 2030. Le groupe Engie s’est engagé dans un certain nombre de projets sur l’ensemble de la filière du biométhane et a accru son développement ces dernières années avec un objectif annoncé de 5 % de biométhane injecté dans les réseaux de gaz naturel en 2020 et 20 % en 2030. La plateforme Gaya, située au cœur de la vallée de la chimie à Saint-Fons (Rhône), est avant tout un défi technologique, combinant l’innovation industrielle et les ressources présentes sur le territoire.

Un projet innovant

C’est en 2010 qu’Engie a lancé Gaya, un projet de démonstration de la conversion biomasse sèche-gaz, déployé avec dix autres partenaires. Gaya vise à tester la production de biométhane à partir de biomasse sèche collectée dans un rayon de 50 à 70 kilomètres autour de Saint-Fons. Sa finalité est de permettre la production d’un gaz vert économique et écologique, dit de deuxième génération : un biométhane produit à partir de ressources 100 % renouvelables. Pour Didier Holleaux, directeur général adjoint d’Engie : « Le gaz est le meilleur allié de la révolution énergétique. Avec Gaya, nous explorons une filière très innovante de production durable et flexible d’un gaz vert à l’échelle locale dans de petites unités à partir de résidus secs tels que le bois. »

Au cœur du territoire rhodanien

Un concept industriel décentralisé s’appuyant sur deux forces du territoire français : une ressource en biomasse abondante et une infrastructure gazière maillée. L’ambition du projet Gaya est le développement d’une filière locale de production de biométhane gazeux par gazéification de la biomasse sèche. Une filière industrielle innovante, fiable, rentable, à haut rendement énergétique qui s’inscrit dans une perspective de valorisation durable de la biomasse. À la clé, un biométhane commercialisable en tant que carburant ou combustible gazeux transportable via le réseau de gaz naturel. Gaya se différencie aussi des autres démonstrateurs, car ce projet veut avant tout répondre à des besoins décentralisés, de plus petite taille, de l’ordre de 1 MW, pour s’approvisionner au plus près des gisements locaux de biomasse, réduire le transport et minimiser l’empreinte carbone. « Gaya contribue au dynamisme des territoires dans une approche durable » conclut Didier Holleaux. Un projet qui a nécessité 57 millions d’euros d’investissement, dont 17 millions ont été financés par l’Ademe, au titre de son programme d’investissements d’avenir.

Une filière en devenir 

Depuis 2016, Engie et ses partenaires effectuent différents tests pour préparer la filière, la rendre compétitive et viable sur le long terme. Depuis 2017, la plateforme génère des données scientifiques. Les données les plus attendues sont liées à la qualité et la quantité de gaz en fonction de la biomasse introduite mais aussi les déchets de combustion, en particulier les goudrons qui peuvent affecter le fonctionnement des machines.  Le groupe énergétique français annonce une mise en service complète cette année avec un démarrage progressif des différents procédés. Cette expérience et les données recueillies seront, selon Engie, un atout majeur pour l’industrialisation de la filière à l’horizon 2020.

 

3 types de biomasse = 3 générations technologiques différentes

La première génération traite des biomasses fermentescibles telles que les effluents
et les résidus urbains qui sont constitués de la fraction fermentescible des ordures ménagères,
des biodéchets des collectivités (cantines, marchés, ou exploitations agricoles, etc.)
et des boues de stations d’épuration des eaux usées.

La deuxième génération vise à la valorisation de biomasses de type lignocellulosique
comme le bois ou la paille et présente la capacité de traiter une fraction de coproduits issus
de diverses industries et filières
(bois de construction, coproduits des industries agroalimentaires, boues de station d’épuration…).

La troisième génération produit directement sa propre biomasse
sous forme de micro-algues sur site à partir d’eau, de lumière, de minéraux et de CO2.