Et la COP fut !

Publié le 15/01/2015

4 min

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Douze jours intenses, quatre ans de négociations, 196 délégations, 150 chefs d’États et de gouvernements, 10 000 délégués, 170 millions d’euros de budget et un accord. Cette 21e messe mondiale pour le climat qui s’est tenue du 30 novembre au 12 décembre 2015 à Paris aura été celle de tous les superlatifs. Alors, COP ou pas COP ?

Par Laura Icart

« Je suis fier : fier que la France ait accueilli cette conférence ; fier que les Nations unies aient été capables en tant que communauté internationale de prendre cette responsabilité ; fier que les idéaux de justice aient pu prévaloir ; fier de ma génération, de votre génération, qui a été capable de décider d’agir pour un monde que nous ne verrons pas. Oui, le 12 décembre 2015 restera une grande date pour la planète. » C’est par ces mots empreint de fierté et d’émotion que François Hollande a annoncé l’accord historique conclu à Paris le 12 décembre 2015.

La COP 21 présidée par la France a été, du point de vue de beaucoup, un succès. De nombreuses délégations ont salué le travail des français, notamment pour avoir su impliquer l’ensemble de la société civile qui a pleinement contribué à la réussite de cet accord. Cet accord obtenu à l’arraché après des journées de négociations aux allures de marathon n’est pas parfait, de nombreux obstacles restent encore à surmonter mais il a le mérite d’exister et d’être une base solide, modifiable et révisable, sur laquelle les États pourront s’appuyer sur les prochaines années. Le président américain Barack Obama avait d’ailleurs donné le ton de cette conférence en déclarant le 30 novembre dernier : « Notre tâche à Paris est de mettre en place un cadre durable pour le progrès. Aucun pays, petit ou grand, pauvre ou riche, n’échappera au dérèglement climatique. »

Un accord historique et ambitieux

Ce premier accord universel pour le climat approuvé par les 196 délégations était attendu depuis longtemps, surtout depuis l’échec de la COP 15 en 2009 à Copenhague. Les contributions nationales ouvrent la voie à des changements importants dans l’économie mondiale. Elles démontrent que les pays signataires ont compris la nécessité de s’engager vers des modèles de développement plus durables, moins émetteurs de gaz à effet de serre.

Cet accord doit permettre de stabiliser le réchauffement climatique résultant des activités humaines et de redoubler d’efforts pour limiter ce réchauffement à 1,5 °C d’ici 2100. L’objectif de réunir d’ici à 2020 100 milliards de dollars pour les pays du Sud afin de les aider à faire face aux impacts du dérèglement climatique en développant notamment des modèles énergétiques plus vertueux constitue une avancée. De nombreux projets de coopération sur l’éducation, la formation, la recherche, l’innovation devraient également voir le jour.

Si chaque pays a fourni une contribution sous forme d’engagements, les réductions des émissions ne sont pas quantifiées et elles ne devraient pas l’être avant 2020 au mieux. Si l’enveloppe de 100 milliards de dollars a bien été actée, ni les modalités de son financement ni la liste des pays participants ne sont à ce jour clairement identifiées. L’article 21 stipule que l’accord sera contraignant uniquement pour les pays qui l’auront ratifié (21.3). Il entrera en vigueur après l’approbation ou la ratification d’au moins 55 pays, représentant 55 % des émissions mondiales.

L’accord de Paris a permis d’obtenir l’unité de tous les acteurs de la lutte contre le dérèglement climatique autour d’une même nécessité d’action, et cela même si de nombreuses mesures restent à définir. Il marque une nouvelle étape et ouvre peut-être la voie à des contributions plus ambitieuses pour l’avenir.

Place à la COP 22

Le Maroc accueillera du 7 au 18 novembre prochain la COP 22 à Marrakech. «  Je n’avais jamais senti dans les COP précédentes la dynamique et l’engouement présents à Paris. La France a su impliquer l’ensemble des parties prenantes au débat. Nous allons poursuivre sur cette dynamique positive, travailler à rendre l’accord de Paris opérationnel, poursuivre la mobilisation du public et innover toujours plus » a déclaré Hakima El Haite, ministre déléguée auprès du ministre de l’Énergie, des mines, de l’eau et de l’environnement du Maroc en charge de l’organisation de la prochaine Conférence des parties.

CHIFFRE CLE
100
C’est, en milliards de dollars, la somme que doivent verser chaque année les pays développés aux pays émergents et vulnérables d’ici 2020.